La boîte à musique – Bienvenue à Pandorient (tome 1)

La boîte à musique - Bienvenue à Pandorient

Gijé & Carbone

La boîte à musique 1

Coup de coeur

– Résumé éditeur –

Pour son huitième anniversaire, Nola reçoit un magnifique cadeau : la boîte à musique de sa maman Annah. Quelle mélodie enchanteresse ! Mais à y regarder de plus près, une petite fille gesticule à l’intérieur et appelle au secours… En suivant ses instructions, Nola rapetisse et entre dans la boîte à musique. Elle découvre alors Pandorient, un monde fabuleux mais aussi dangereux…

Prix : 12€ (éditions Dupuis)  –  Nombre de pages : 56

– Mon avis –

L’histoire débute dans une petite maison où vivent Martin, et sa fille Nola, qui fête ses huit ans. Cette dernière a perdu sa mère trois mois plus tôt – nous ne savons pas de quelle manière – et depuis, son père ne parvient pas à lui rendre le sourire. Il lui offre alors une boîte à musique, mais pas n’importe quelle boîte, celle qui a appartenu à sa défunte épouse. Celle-ci est magique et regorge de mystères. Aussi, c’est en admirant la beauté de cette boîte à musique que Nola va découvrir quelque-chose de surprenant : il y a une jeune fille à l’intérieur qui lui fait signe de l’aider ! Nola prend son courage à deux mains et décide alors d’entrer dans la boîte à musique, grâce au processus dicté par l’énigmatique jeune fille. C’est alors que s’ouvre à elle un monde incroyable, celui de Pandorient, qui au premier abord semble être une petite ville calme et paisible mais qui lui réserve bien plus de surprises qu’elle ne le pense, notamment en la confrontant avec le passé de sa mère…

J’ai vraiment beaucoup aimé ce premier tome de La boîte à musique, que j’ai trouvé vraiment bien ficelé du début à la fin ! L’intrigue se met doucement en place et nous découvrons de fil en aiguille le monde de Pandorient. Celui-ci nous est représenté à la fois de façon féérique et inquiétante, mêlant aussi bien des atmosphères propices autant aux rêves qu’aux cauchemars. Il y a beaucoup de suspense dans ce premier tome, et d’ailleurs celui-ci est présent jusqu’à la dernière page. En effet, je me pose beaucoup de questions depuis que j’ai refermé cette bande-dessinée, et c’est pourquoi j’ai vraiment très hâte de lire la suite dans l’espoir d’obtenir des réponses ! Pourquoi Mathilda met tant d’énergie à éloigner Nola du monde de Pandorient ? Pourquoi tant de mises en garde quant à Pandorient : « Pandorient est dangereux pour ceux de l’Hexomonde », « si tu le peux, oublie-nous ! » ? J’en viens à me demander si le décès de Annah n’est pas lié au monde de Pandorient ? Enfin, ce n’est que pure hypothèse. Il est vrai que sous ses apparences trompeuses, le monde de Pandorient n’a pas l’air bien dangereux et c’est pourquoi je me demande vraiment ce qu’il se passe là-bas pour que Mathilda tienne de tels propos. J’ai très envie d’en apprendre davantage sur l’univers car je reste vraiment sur ma faim de par la brièveté de cette bande-dessinée !

Ce premier tome nous peint des protagonistes aux personnalités bien trempées mais aussi très complexes. Par exemple, nous ne pouvons pas tellement nous fier aux apparences dans cette bande-dessinée, car les méchants peuvent être gentils et vice-versa. J’ai beaucoup aimé notre petit trio principal, bien sympathique, constitué de Nola, Andréa et Igor. Je les ai trouvés vraiment différents mais pourtant très complémentaires, très soudés. Globalement, j’ai trouvé ce premier tome à la fois léger et profond de par les thématiques et valeurs auxquelles il nous confronte, comme le deuil, la solidarité, le courage ou encore l’amitié. Ce premier tome est une chouette introduction, qui nous annonce – en tout cas je l’espère – une belle série BD en perspective. L’univers est encore peu développé, mais nous avons tout de même les bases qui sont posées, et je sens que les futurs tomes nous réservent beaucoup de belles surprises. J’espère que Gijé et Carbone déclineront plus en profondeur le monde intriguant qu’est Pandorient, que ce soit dans la narration comme dans le coup de crayon.

D’ailleurs, concernant les illustrations, c’est ce qui m’a tout d’abord donné envie de découvrir cette bande-dessinée. Lorsque j’ai vu cette première de couverture, j’ai tout de suite adoré ! C’est  vraiment très joli et onirique ! L’encadrement autour de Nola m’a rappelé celui des Carnets de Cerise, une merveilleuse série BD dont je suis complètement fan, écrite par Joris Chamblain et illustrée par Aurélie Neyret. Et ces couleurs enchanteresses… ! J’adore toutes ces teintes magiques, mêlées de violet, de bleu et de vert. Lors de ma lecture de La boîte à musique, j’ai d’ailleurs trouvé que les couleurs reflétaient parfaitement les passages qu’elles illustraient. Les coloris utilisés sont parfaitement adaptés selon les situations qu’ils dépeignent, nous offrant des décors tantôt chaleureux et flamboyants, tantôt froids, sombres et inquiétants. Je suis très curieuse quant à la suite de cette histoire et je n’ai qu’une certitude, c’est que je ne la manquerai pas !

– Citations –

– Je comprends mieux… ma mère était infirmière, mais pas moi ! Il faut appeler le docteur !
– Un guérimaux, tu veux dire ?
– Un médecin, quoi !
– Déjà fait, mais il était chez un Tricap !
– Un quoi ?
– Ben, un Tricap ! Un Pandoriental à trois têtes !
– Vous êtes bizarres, quand même !
– Tu trouves ? Pourtant, tu n’as encore rien vu !

*

– J’espère que tu as fait un vœu !
– Oui, je voudrais que maman revienne…
– Tu sais que c’est impossible…

– Trailer –

 

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Songe à la douceur

Songe à la douceurClémentine Beauvais

Songe à la douceur

4coeurs– Résumé éditeur –

Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse, et lui, semblerait-il, aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il ne peut plus vivre loin d’elle. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ? Songe à la douceur, c’est l’histoire de ces deux histoires d’amour absolu et déphasé – l’un adolescent, l’autre jeune adulte – et de ce que dix ans, à ce moment-là d’une vie, peuvent changer. Une double histoire d’amour inspirée des deux Eugène Onéguine de Pouchkine et de Tchaïkovski – et donc écrite en vers, pour en garder la poésie.

Prix : 15,50 € (éditions Sarbacane)  –  Nombre de pages : 240

– Mon avis –

Que de merveilles dans ce petit roman, que de belles métaphores, de magnifiques phrases qui résonnent en boucle dans ma tête et me laissent à l’esprit de merveilleuses images à la fois douces et torturées, et des étoiles plein les yeux. Je peine à trouver les mots pour parler de ma lecture, tant elle a été puissante en tout point. Librement inspirée par le roman russe Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine pour lequel elle avoue avoir eu un coup de cœur, Clémentine Beauvais revisite dans son roman en vers libres intitulé Songe à la douceur l’histoire d’amour désabusée de deux êtres que tout oppose. Eugène est un jeune homme de 17 ans, lassé de la vie, pour laquelle il ne retient que de sombres facettes, telles que sa passivité et sa fatalité. Lorsqu’il rencontre Tatiana, 14 ans, la sœur d’Olga qui est aussi la petite amie de son meilleur ami Lenski, le bonheur semble être à portée de mains pour celui qui n’a de goût à rien. Tatiana est jeune, belle et brillante. Elle croit en l’amour et en la vie, et voit se refléter en Eugène l’image du prince charmant. Tous deux se plaisent à se retrouver quotidiennement et à converser. Cependant, Eugène finit par rejeter Tatiana, par son trop jeune âge sans doute, mais surtout par le spleen qui l’anime, se justifiant du fait qu’ils finiraient par « s’ennuyer ensemble ». Puis un drame les sépare définitivement, du moins jusqu’à ce qu’ils se retrouvent par un heureux hasard dix ans plus tard…

Cette histoire m’a complètement bouleversée. L’amour qui unit Eugène et Tatiana est peu commun, et la manière de nous transmettre leur histoire a littéralement fait fondre mon cœur. Les personnages principaux et secondaires sont terriblement attachants et ce malgré leurs personnalités distinctes. La forme versifiée de ce roman est déstabilisante au premier abord, mais devient nécessaire, presque indispensable au fil des pages. Bien loin de nous refroidir, les rimes et calligrammes nous permettent, en tant que lecteurs, de tisser des liens forts avec les protagonistes en accroissant nos sensations et nos émotions. La poésie et la beauté qui émanent de chaque structure syntaxique nous plonge dans l’ivresse amoureuse et dans la question éminente de l’existence, sans pour autant tomber dans le pathos. En lisant Songe à la douceur, je suis passée par une palette d’émotions assez incroyable et inédite. Je me suis interrogée, je me suis questionnée sur le sens de la vie et le sens de l’amour. Les états d’âme de chacun sont exprimés avec brio, introduits par une langue maniée avec intelligence et sensibilité. Eugène et Tatiana m’ont aussi bien arraché le cœur qu’ils m’ont invitée à rêver, à rire, à pleurer et à m’émouvoir. Il m’a été difficile de m’arrêter de lire la dernière page, tant je me sentais proche d’eux et voulais continuer à y croire. J’ai tellement eu envie de les aider, de leur permettre de vivre leur amour encore et encore afin qu’il dure éternellement. J’ai également eu envie de rentrer dans le livre pour arrêter le drame qui pointait le bout de son nez au fil des pages. Le dénouement est intense, ponctue merveilleusement cette histoire teintée de tragédie, de fraîcheur et de nostalgie, et magnifie chaque parcelle, chaque fragment constituant ce roman surprenant.

Je pense que toutes ces impressions de lecture ont été dues certes par l’histoire, mais aussi par l’écriture poétique à couper le souffle que nous offre Clémentine Beauvais. Les vers sont sublimes, dansent entre eux et tendent parfois même à nous offrir des images éphémères, notamment par le biais des calligrammes. Ce mélange visuel textuel m’a énormément plu. Le fait d’être dans les pensées des personnages est aussi un atout majeur dans ce roman, car cela a rendu ma lecture encore plus intime et vivante. Les flashbacks sont tout aussi importants et nous permettent d’autant plus d’affirmer la proximité lecteurs-personnages  puisque par là nous comprenons mieux leur parcours de vie et leurs choix. Il y a une rétrospection J’avais déjà lu de Clémentine Beauvais son roman Les Petites Reines, qui avait été une très bonne lecture à la fois légère et drôle avec des messages forts, mais avec Songe à la douceur, elle s’ouvre à un autre genre qui m’a fait encore plus apprécier ses écrits. Il est clair que ce roman, aussi bien par son fond que par sa forme, nous laisse une marque indélébile dans le cœur une fois qu’on l’a refermé. C’est avec des livres comme celui-ci, vibrants, vifs, poignants et terriblement humains, que j’ai foi en la littérature, son influence et ses bienfaits.

– Citations –

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*

Il a le mal d’un siècle qui n’est pas le sien ;
Il se sent l’héritier amer d’un spleen ancien.
Tout est objet d’ennui pour cet inconsolable –
Ou de tristesse extrême, atroce, épouvantable.
Il a tout essayé, et tout lui a déplu.
Il a fumé, couché, dansé, mangé et bu,
Lu, couru, voyagé, peint, joué et écrit :
Rien ne réveille en lui de plaisir endormi.
Souvent, il imagine, au rebord du sommeil,
Dans un futur lointain l’implosion du soleil.
Puisqu’un jour tout sera cette profonde absence,

Pourquoi remplir en vain notre vaine existence ?
Pourquoi se dépenser en futiles efforts
Dans un monde acculé au couloir de la mort ?
Qu’ils sont laids et idiots, ceux qui se divertissent,
Ceux qui se perdent en labeur ou en délices,
Ceux qui travaillent, ceux qui aiment, ceux qui chantent,
Pour oublier le vide intense qui les hante !
Eugène, à dix-sept ans, a tout compris sur tout :
Et comme tout est rien, il ne fait rien du tout.

– Interview de Clémentine Beauvais  –

Pour conclure cet article, je vous laisse le lien de deux interview de Clémentine Beauvais autour de son roman Songe à la douceur, dont l’une se déroule sur le plateau de La Grande Librairie et la seconde à la Librairie Mollat. Je les ai trouvées très intéressantes, nous en apprenons un petit peu plus sur cette œuvre d’une originalité fulgurante.

Everything, Everything

Everything, EverythingNICOLA YOON

Nicola Yoon - Everything Everything4coeurs– Résumé éditeur –

Ma maladie est aussi rare que célèbre, on l’appelle « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.

Prix : 16,90€ (éditions Bayard Jeunesse)  –  Nombre de pages : 370

– Mon avis –

Ça y est, j’ai enfin lu Everything, Everything de Nicola Yoon ! Depuis le temps qu’il me faisait de l’œil et que j’en entendais parler, je me suis enfin décidée à lire ce roman, qui s’annonçait à la fois drôle et bouleversant.

Madeline Whittier est une jeune femme qui vient d’atteindre la majorité. Mais elle ne vit pas du tout comme toutes les autres jeunes filles de son âge. Elle ne va pas à l’école mais bénéficie de cours à domicile avec des professeurs qu’elle ne peut voir que par webcam. Elle n’a jamais eu de petit copain, pas plus qu’elle n’a eu d’ami(e)s. Elle n’a jamais voyagé, ne connaît pas le goût salé de la mer ni même la beauté des paysages que le monde nous offre. En réalité, Madeline n’a jamais mis un pied en dehors de chez elle. Et pour cause, elle est en fait atteinte de la maladie de l’enfant bulle, une maladie rare qui l’empêche d’entrer en contact avec le monde extérieur, sous peine de tomber gravement malade. La vie de Madeline se résume à rester cloîtrée chez elle, accompagnée de sa mère qui prend soin d’elle du mieux qu’elle peut, et aussi de son infirmière Carla, sa précieuse confidente, qui vient vérifier quotidiennement son état de santé. Ses journées se résument à jouer aux jeux de société avec sa mère, faire ses devoirs et lire des livres qui lui apportent l’évasion qu’elle ne peut avoir en vrai. Madeline se contentait très bien de sa petite vie bien rangée, de ce mode de vie très clos auquel elle s’était finalement habituée. Jusqu’au jour où elle tomba amoureuse du jeune et beau voisin Oliver… Comment continuer à vivre ainsi lorsqu’on est en proie au coup de foudre ?

C’est un roman que j’ai beaucoup aimé de par son approche de la maladie de l’enfant-bulle : l’auteure nous apprend beaucoup de choses sur la maladie et nous livre tout ce que peut ressentir une personne atteinte d’un DICS, sans pour autant tomber dans le pathos. On n’est pas du tout dans un état d’esprit d’apitoiement constant comme on pourrait trouver dans d’autres romans traitant de maladie. Toutefois, on ne peut qu’être très touchés par ce que vit Maddie au quotidien, ou devrais-je plutôt dire par tout ce qu’elle ne peut pas vivre. C’est quand même fou de se dire qu’il existe des personnes qui ne peuvent pas mettre un pied dehors sans risquer leur vie, et que par conséquent ils ne pourront jamais voir le monde extérieur et avoir de vie sociale… Ce roman m’a permis de prendre conscience de la chance qu’on a de pouvoir faire tout ce qu’on veut, et m’a rappelé par ailleurs qu’il faut pleinement en profiter. En tout cas, je trouve que ce livre est une véritable ode à la vie et à l’espoir ! Il va vous donner envie de voyager, de rire, de vous allonger dans l’herbe fraîche sous un soleil d’été, de boire des cocktails pétillants et colorés, d’aller vous baigner dans l’eau fraîche de la mer et de sentir le sable vous glisser sous les pieds. En bref, de savourer chaque instant !

En ce qui concerne la romance, je l’ai beaucoup aimée aussi. Olly, tout comme Maddy, est un personnage attachant, qui a également son propre lot de problèmes, qui pour ma part auraient d’ailleurs mérité d’être plus exploités. Leur histoire est vraiment très belle, bien qu’un peu trop furtive à mon goût. J’aime quand les romances sont développées mais dans ce roman, je l’ai trouvée un petit peu trop facile. Néanmoins, ces deux personnages m’ont mis des étoiles plein les yeux et m’ont donné envie de croire à leur histoire. J’ai vraiment beaucoup aimé leur personnalité, leurs moments d’échanges, leur insouciance face à la vie et leur envie de la croquer à pleines dents malgré tous les soucis qui les envahissaient !

Je n’ai malheureusement pas eu de coup de cœur pour Everything, Everything, et j’en suis d’ailleurs assez déçue… J’ai vu tellement d’avis extrêmement positifs sur ce roman que je m’attendais à beaucoup plus en le lisant. Même si ce fut une lecture très plaisante, je n’ai pas eu l’émotion escomptée. Je suis restée spectatrice tout le long, et pourtant je suis quelqu’un de très sensible. Déjà, j’ai trouvé que l’histoire mettait beaucoup de temps à démarrer. Pour tout vous dire, c’est seulement à partir de la moitié du roman que j’ai réussi à savourer pleinement ma lecture. En ce qui concerne la fin du roman, elle a surpris la plupart des lectures. Mais le problème étant que je l’avais déjà devinée depuis longtemps. Il y a eu beaucoup trop d’éléments qui m’ont fait penser que ça allait se finir ainsi, et je trouve d’ailleurs que c’est dommage d’avoir eu autant d’indices de la part de l’auteure. En fait, j’espérais vraiment me tromper tant ça me semblait simple, mais quand j’ai vu que j’avais raison, mon engouement est retombé comme un soufflé.

En dehors de ce point négatif, c’est une merveilleuse histoire de vie que je vous recommande sans aucune hésitation ! De plus les références littéraires et les citations de ce roman sont extraordinaires, et rien que pour cela et pour l’originalité de la thématique abordée, je vous le conseille fortement ! La littérature est mise à l’honneur dans Everything, Everything puisqu’on retrouve des chefs-d’œuvre tels que Le Petit Prince d’Antoine de St-Exupéry, La nausée de Jean-Paul Sartre, Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes, Sa majesté les mouches de William Golding ou encore L’Etranger d’Albert Camus. Avec ce roman, on voit à quel point la littérature a quelque-chose de magique et d’unique : les livres nous marquent et continuent d’exercer leur influence sur nous tout au long de notre vie.

Je tenais à signaler les fautes de frappe et d’orthographe vraiment désastreuses dans la version française de chez Bayard Jeunesse. Cela m’a beaucoup dérangée. Je comprends qu’on ne puisse pas tout voir lors des relectures, mais il y en avait tellement que je me suis demandée si ce roman avait été relu avant d’être publié.

– Citations –

Il ne suffit pas d’être vivant pour vivre.

*

Une photo, c’est un peu comme une machine à remonter le temps. Soudain, ma chambre s’efface et je suis sur cette plage, entourée d’amour et d’air salé, environnée par la chaleur qui diminue, et les ombres qui s’allongent dans le crépuscule. J’emplis mes minuscules poumons d’autant d’air qu’ils peuvent en contenir, et je retiens mon souffle. Je le retiens depuis tout ce temps.

*

Et maintenant ma vie n’a plus aucun sens. Je voudrais presque ne jamais l’avoir rencontré. Comment pourrais-je retourner à mon existence d’avant ? Cette existence dans laquelle tous les jours s’étirent devant moi avec une similitude brutale et infinie ? Comment pourrais-je redevenir cette « fille-qui-lit » ? Non pas que je regrette l’ancienne vie que je passais plongée dans mes livres. Tout ce que je sais du monde, je l’ai appris grâce à eux. Mais la description d’un arbre ne sera jamais un arbre, et un millier de baisers de papier n’égaleront jamais la sensation des lèvres d’Olly posées sur les miennes.

*

– Au fond de moi, je sais que j’ai déjà été amoureux, mais ça n’avait rien à voir. Être amoureux de toi, c’est encore mieux que de l’être pour la première fois. C’est comme si c’était la première, la dernière et l’unique fois en même temps.

*

LE DICTIONNAIRE DE MADELINE

Promesse : N.F. Sens 1 : Mensonge auquel on tient. (Whittier, 2015).

Everything Everything

Le premier homme

Le premier hommeAlbert Camus

Le premier homme

4coeurs

– Résumé éditeur –

« En somme, je vais parler de ceux que j’aimais », écrit Albert Camus dans une note pour Le premier homme. Le projet de ce roman auquel il travaillait au moment de sa mort était ambitieux. Il avait dit un jour que les écrivains « gardent l’espoir de retrouver les secrets d’un art universel qui, à force d’humilité et de maîtrise, ressusciterait enfin les personnages dans leur chair et dans leur durée ».Il avait jeté les bases de ce qui serait le récit de l’enfance de son « premier homme ». Cette rédaction initiale a un caractère autobiographique qui aurait sûrement disparu dans la version définitive du roman. Mais c’est justement ce côté autobiographique qui est précieux aujourd’hui. Après avoir lu ces pages, on voit apparaître les racines de ce qui fera la personnalité de Camus, sa sensibilité, la genèse de sa pensée, les raisons de son engagement. Pourquoi, toute sa vie, il aura voulu parler au nom de ceux à qui la parole est refusée.

Prix : 7,70€ (édition Gallimard collection Folio)  –  Nombre de pages : 380

– Mon avis –

Œuvre posthume, c’est inachevée et plus de trente ans après son écriture que paraît Le premier homme. Imprégné d’une grande part autobiographique, ce roman qu’Albert Camus nous livre devient au fil des pages singulièrement poignant. Enormément d’éléments tels que les lieux évoqués, le parcours du personnage principal, les fautes de noms et les annotations manuscrites tendent à nous confirmer que Jacques n’est autre que le miroir de ce qu’a été Albert Camus au cours de sa vie.

Sous d’autres pseudonymes et sous l’apparence de personnages pas si fictifs que l’on pourrait le penser, celui-ci nous raconte avec sincérité et émotion son enfance difficile, noyée par la misère, aussi bien financière qu’intellectuelle. Nous voyons alors le vide que lui a laissé son père, mort lorsqu’il n’avait encore qu’un an. Nous suivons son enfance dans un quartier chaud et joyeux d’Alger, où il vit avec une grand-mère complètement tyrannique et traumatisante, et une mère aimante et gentille mais malheureusement trop discrète et limitée mentalement. Nous le revoyons également revenir plus âgé sur les lieux de son enfance, qu’il nous décrit avec tendresse et pudeur.

Dans Le premier homme, c’est la dureté de la vie qui nous est contée : un sou est un sou et se tuer à la tâche est monnaie courante pour pouvoir vivre juste simplement. Mais c’est surtout la beauté de la vie qui ressort de ce livre, car malgré la pauvreté, les plaisirs simples – ceux qui ne peuvent s’acheter – priment et les valeurs fondamentales telles que l’amour, la solidarité et la famille sont mises à l’honneur. Souvent, la misère pourtant permanente semblait passer au second plan, tant la joie et les espérances de Jacques reprenaient le pouvoir. La pauvreté m’est apparue comme étant une grande barrière des rêves, mais dont Camus a pourtant réussi à briser les chaînes grâce à sa détermination sans faille et à sa simplicité.

Certains passages m’ont permis de m’évader, tant les descriptions étaient belles et l’écriture authentique. J’ai été particulièrement marquée par l’importance des sens dans ce récit, notamment de l’odorat, car on sent qu’il active la nostalgie du narrateur et par conséquent la nôtre. Je retiens spécialement de ces merveilleuses descriptions les effluves des bons gâteaux vanillés que sa maman cuisinait ainsi que l’odeur libératrice – parfois presque magique – de l’école.

Le premier homme est pour moi une bouffée d’espoir dans un monde pas toujours très tendre mais aussi une merveilleuse explication sur l’homme qu’a pu être Camus. Nous prenons conscience de son parcours, de la façon dont il a réussi à sortir de la pauvreté grâce à sa richesse intérieure, et à tenir tête à l’univers destructeur dans lequel il a vécu. En effet, à l’époque, on privilégiait le physique plutôt que l’esprit, car contrairement à ce dernier, le physique assurait un métier rapidement, était bien vu de la population et n’était pas coûteux pour la famille. Mais grâce à l’aide de son professeur Monsieur Germain, à qui il doit tout, Albert Camus a réussi à s’en sortir. Ce roman est un très bel hommage aux gens qu’il aime et qui l’ont poussé vers le chemin de la réussite.

Le fait que les écrits de Camus n’ont pas pu être remodelés rend ce roman d’autant plus touchant car plus brut, plus vif et plus spontané ; c’est avec l’encre de son cœur qu’il écrit et on le ressent grandement lors de la lecture. J’avoue au départ avoir eu du mal à me plonger dans ce roman, il m’a fallu un temps d’adaptation pour l’écriture parcellée d’incertitudes, de fautes de noms, ou même de blancs, les éditeurs n’ayant pu déchiffrer ce que Camus avait écrit… Car oui, il ne faut pas oublier qu’il s’agit là d’une œuvre posthume, d’une copie de manuscrits que l’on a juste ponctuée pour la rendre pleinement lisible, et c’est donc parfois assez complexe à comprendre. Mais je ne regrette pas d’avoir persisté car il s’agit-là d’une pépite de la littérature dont il serait dommage d’ignorer. Je recommande ce roman à ceux qui aiment Albert Camus, pour l’homme comme pour l’écrivain, et qui voudraient connaître ce qui a fait l’essence-même de l’homme qu’il est devenu, ce qui a fait la marque de ses écrits engagés.

Pour ce qui est de la fin du Premier homme, si on ne m’avait pas dit qu’il s’agissait d’une œuvre posthume, j’aurais pu penser que l’auteur avait vraiment choisi de s’arrêter sur ces dernières phrases. Ce livre n’était pas censé se finir ainsi étant donné qu’Albert Camus est décédé alors même qu’il était en pleine écriture de ce roman, mais je trouve la fin parfaite et magnifique. C’est un livre révélateur d’énormément de choses, qui par son caractère posthume rend l’œuvre de Camus plus intense et profonde qu’elle ne l’était déjà.

A chaque fois que je lis un livre d’Albert Camus, c’est comme une claque, une remise en question sur le monde, un rappel pour me dire qu’il faut aimer chaque instant que la vie nous offre, qu’il faut toujours croire en soi et ne jamais laisser ses rêves s’envoler car tout est possible tant que nous sommes vivants.

– Citations –

Les manuels étaient toujours ceux qui étaient en usage dans la métropole. Et ces enfants qui ne connaissaient que le sirocco, la poussière, les averses prodigieuses et brèves, le sable des plages et la mer en flammes sous le soleil, lisaient avec application, faisant sonner les virgules et les points, des récits pour eux mythiques où des enfants à bonnet et cache-nez de laine, les pieds chaussés de sabots, rentraient chez eux dans le froid glacé en traînant des fagots sur des chemins couverts de neige, jusqu’à ce qu’ils aperçoivent le toit enneigé de la maison où la cheminée qui fumait leur faisait savoir que la soupe aux pois cuisait dans l’âtre. Pour Jacques, ces récits étaient l’exotisme même. Il en rêvait, peuplait ses rédactions de descriptions d’un monde qu’il n’avait jamais vu, et ne cessait de questionner sa grand-mère sur une chute de neige qui avait eu lieu pendant une heure vingt ans auparavant sur la région d’Alger. Ces récits faisaient partie pour lui de la puissante poésie de l’école, qui s’alimentait aussi de l’odeur de vernis des règles et des plumiers, de la saveur délicieuse de la bretelle de son cartable qu’il mâchouillait longuement en peinant sur son travail, de l’odeur amère et rêche de l’encre violette, surtout lorsque son tour était venu d’emplir les encriers avec une énorme bouteille sombre dans le bouchon duquel un tube de verre coudé était enfoncé, et Jacques reniflait avec bonheur l’orifice du tube, du doux contact des pages lisses et glacées de certains livres, d’où montait aussi une bonne odeur d’imprimerie et de colle, et, les jours de pluie enfin, de cette odeur de laine mouillée qui montait des cabans de laine au fond de la salle et qui était comme la préfiguration de cet univers édénique où les enfants en sabots et en bonnet de laine couraient à travers la neige vers la maison chaude.

*

La mer était douce, tiède, le soleil léger maintenant sur les têtes mouillées, et la gloire de la lumière emplissait ces jeunes corps d’une joie qui les faisaient crier sans arrêt. Ils régnaient sur la vie et sur la mer, et ce que le monde peut donner de plus fastueux , ils le recevaient et en usaient sans mesure, comme des seigneurs assurés de leurs richesses irremplaçables.

*

Ce que contenaient ces livres au fond importait peu. Ce qui importait était ce qu’ils ressentaient d’abord en entrant dans la bibliothèque où ils ne voyaient pas des murs de livres noirs mais un espace et des horizons multiples qui, dès le pas de la porte, les enlevaient à la vie étroite du quartier.

Le premier homme

Roméo et Juliette

Roméo et Juliette

WILLIAM SHAKESPEARE

Roméo et Juliette

4coeurs

– Résumé éditeur –

Un drame fatal se prépare pour un couple d’amoureux nés sous la pire des étoiles, et rien n’apaisera la haine inexpiable que se vouent leurs nobles familles. Ballet, opéra, chanson, cinéma : les enfants de Vérone ont fait le tour du monde. Juliette est victime de son innocence et de sa pureté ; Roméo, de sa fougue. Autant que la rivalité de leurs parents, c’est le destin qui entraîne leur séparation, un mauvais sort fait de hasards, d’accidents et de malchances. Par la grâce du génie poétique de Shakespeare, Roméo et Juliette incarnent toute la tragédie de la jeunesse révoltée au nom de l’amour contre le conformisme et la stupidité du monde adulte.

Prix : 1,55€ (édition Pocket)  –  Nombre de pages : 160

– Mon avis –

En tant que grande passionnée de littérature, il m’était nécessaire de découvrir les pièces de théâtre de William Shakespeare. J’ai donc commencé par la célèbre tragédie Roméo et Juliette, dont l’histoire a traversé les siècles pour devenir aujourd’hui mythique. Bercée par les notes profondes et dramatiques du ballet « Roméo et Juliette » de Prokofiev, j’ai adoré découvrir le texte original de ce qui constitue l’une des plus belles histoires d’amour de tous les temps.

L’histoire se déroule à Vérone, où depuis déjà plusieurs années, la famille Montaigu et la famille Capulet se vouent à une haine sans merci. Malgré l’exaspération et les punitions de plus en plus sévères du Prince de Vérone, qui souhaiterait que les deux familles se réconcilient, les drames entre les familles s’enchaînent et s’accroissent tout au long de la pièce. Vient le jour où Roméo, fils des Montaigu, et Juliette, fille des Capulet, s’éprennent l’un de l’autre, ponctuant ainsi la portée dramatique de ces conflits familiaux.

J’ai adoré découvrir la plume de Shakespeare, à la fois triste et exaltée, car elle a su me transporter dans l’amour intense et passionné entre Roméo et Juliette, mais aussi dans la haine et l’horreur dans lesquelles les deux familles se sont laissées empêtrer. J’ai relevé dans cette pièce tant de belles citations qui illustrent parfaitement la beauté de l’amour et la sincérité des sentiments entre Roméo et Juliette.

J’ai par contre été fort surprise de la rapidité avec laquelle Roméo et Juliette sont tombés amoureux. Je suis d’accord qu’il s’agit d’un coup de foudre mais tout de même, il y avait un grand manque de crédibilité lors de leur rencontre amoureuse puisque seulement quelques pages avant le dit-coup de foudre, Roméo pleurait et souffrait des rejets de Rosaline, dont il était apparemment éperdument amoureux. Je n’ai donc pas compris comment d’une seconde à l’autre il aurait pu ressentir ce même amour fou pour quelqu’un qu’il ne connaît même pas. Je regrette donc que la rencontre entre Roméo et Juliette ne soit pas plus subtile et travaillée. De même que cet élément majeur de l’histoire fut pour ma part bien trop bref ; je suis vraiment déçue d’être passée à côté.

Néanmoins, cela ne m’a pas gâché mon plaisir de lecture car même si la fameuse scène du bal ne m’a pas émue, ce que nos deux protagonistes nous réservent dans les actes suivants est à la hauteur de tout ce que j’espérais. Cette pièce de théâtre m’a vraiment passionnée à partir du troisième acte. L’amour et la fidélité que Roméo et Juliette se consacrent est tellement beau et puissant. Le fait que ce soit une tragédie rend l’histoire encore plus profonde et émouvante. Je l’ai trouvée très bien ficelée et j’avais vraiment envie de rentrer dans l’histoire pour éviter l’inévitable. Mais que serait une tragédie sans drame, que serait l’histoire de Roméo et Juliette sans leur sort funeste ?

J’ai beaucoup aimé le personnage de Frère Laurence. Je l’ai trouvé tellement dévoué, prêt à aider Juliette quoi qu’il en coûte, prêt à tout donner pour que les deux familles se réconcilient. Je l’ai trouvé très moderne pour l’époque car il ne faut pas oublier son statut d’homme d’église, qui ne lui permet pas tout, qui lui pose des limites à ne pas franchir et qui pourtant sont franchies dans un but purement bienveillant.

En ce qui concerne la fin de la pièce, il est vrai qu’elle peut paraître assez précipitée voire peu crédible mais je l’ai trouvée intéressante et pleine d’espoir. Mais il est tout de même dommage et paradoxal de voir naître la paix par le biais de bains sanglants et de drames inéluctables. Roméo et Juliette est pour moi une pièce qu’il faut avoir lu au moins une fois, tout au moins pour l’écriture et la beauté parfois assez lugubre de ce que l’amour inassouvi peut nous réserver.

– Citations –

L’amour court vers l’amour comme l’écolier hors de la classe ; mais il s’en éloigne avec l’air accablé de l’enfant qui rentre à l’école.

*

ROMÉO. – Restez donc immobile, tandis que je recueillerai l’effet de ma prière. (il l’embrasse sur la bouche.) Vos lèvres ont effacé le péché des miennes.
JULIETTE. – Mes lèvres ont gardé pour elles le péché qu’elles ont pris des vôtres.
ROMÉO. – Vous avez pris le péché de mes lèvres ? Ô reproche charmant ! Alors rendez-moi mon péché. (il l’embrasse encore.)

*

L’amour est une fumée formée des vapeurs de soupirs.

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TAG – L’improbable littéraire

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« Le problème d’un bon livre, c’est qu’on voudrait connaître la fin sans jamais le terminer. » Je trouve cette citation parfaite pour expliquer le côté paradoxal que nous pouvons avoir, nous, littéraires. J’ai beaucoup aimé faire ce tag et je me rends compte qu’il ne faut jamais se fier à nos premières pensées sur un livre. Parfois, on peut être grandement surpris et préférer un livre qui ne rentre pas dans notre zone de confort, ou à l’inverse ne vraiment pas aimer un livre qui avait pourtant toutes les caractéristiques pour nous plaire. Le hasard fait parfois bien les choses et nous mène à de merveilleuses découvertes !

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  1. Un roman qu’on apprécie qui pourtant sort de notre zone de confort

L'Etranger

L’Etranger d’Albert Camus. Mon genre de prédilection, je pense que vous le savez tous en ayant un peu regardé mon blog, c’est la littérature de jeunesse. Et pourtant, je suis une lectrice aux goûts éclectiques, je lis un peu de tout parce-que je pense qu’on peut avoir une zone de confort sans pour autant être fermé aux autres genres littéraires. On peut par exemple apprécier un thriller alors qu’on est plus roman à l’eau de rose. Moi c’est pareil, ce que je préfère par-dessus tout c’est la littérature de jeunesse dans sa globalité, que ce soit du fantastique, de la romance, de l’humour, du girly, de la dystopie etc. quelle que soit la forme (albums, romans, bandes-dessinées…) mais j’adore par moment me plonger dans un bon classique, lire de la poésie etc. L’Etranger est un livre qui m’a vraiment laissée perplexe quand je l’ai refermé mais qui m’a permis de m’interroger sur la condition humaine. Et je l’ai adoré plusieurs semaines après l’avoir lu car j’y pensais encore : c’est là que je me suis dit « Ah oui, quand même ! J’ai lu un livre extraordinaire  ! ».

  1. Un roman qu’on n’a pas aimé étant dans notre zone de confort

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Meilleures ennemies d’Alexa Young. Tout était réuni pour être dans mes critères : un roman jeunesse comprenant une histoire typiquement girly avec de l’amitié (et son contraire), de la mode, de la jalousie, de l’humour – enfin une histoire de nana quoi. Tout était réuni pour que je passe une lecture détente et sans prise de tête. Mais pour moi, ce livre a battu des records au niveau des clichés et de « l’immoralité ». Entre une dispute – dont on ne sait la cause ? – qui éclate entre deux meilleures amies qui s’adorent et qui passent en un clin d’œil de meilleures amies aux pires ennemies du monde, des comportements énervants à souhait et des placements de produits tout le long que cela en devient désespérant… Non, ça ne l’a pas fait avec moi. Peut-être que cela plaira plus aux jeunes adolescentes.

  1. Un personnage qu’on pensait détester et que finalement…

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Honey dans la saga Les Filles au Chocolat. Pour moi, c’était tout simplement une peste qui ne pensait qu’à être agressive sans raison particulière et qui voulait monopoliser toute l’attention. Je ne pouvais vraiment pas la supporter ! Et pourtant au fil des tomes, elle nous dévoile sa fragilité et on se rend compte que ce n’est pas une mauvaise personne. Elle ne sait juste pas comment exprimer ses maux. On prend peu à peu conscience de ses failles, on voit tout ce qu’elle a subi et continue de subir et tout de suite on se sent plus proche d’elle. De l’agacement profond (j’avais vraiment envie de la frapper à certains moments), je suis passée à de l’affection et de la compréhension pour finalement l’apprécier. Elle est clairement remontée dans mon estime et fait partie des meilleurs personnages de la saga.

  1. Un personnage qu’on pensait apprécier et que finalement…

La vie est un conte de filles

Crow dans la duologie La vie est un conte de filles de Sophia Bennett. Je l’ai trouvée irrespectueuse et insupportable. Tout le monde se plie en quatre pour qu’elle puisse vivre son rêve mais aucune reconnaissance, même pas un merci, même pas de paroles tout simplement. Elle ne répond même pas, elle ne fait que hausser les épaules et franchement je me suis demandée pourquoi elle avait autant de soutien. Je ne vois pas comment on peut s’attacher à elle. Ce n’est pas parce qu’on a un lourd passé qu’on doit oublier les bonnes manières et les remerciements.

  1. Un roman que l’on a acheté pour sa couverture et qui est devenu un véritable coup de cœur

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Pourrie gâtée de Kate Brian. J’ai eu un gros coup de cœur pour l’objet-livre avec sa couverture girly et pailletée. J’avais tout de même lu le résumé qui me paraissait sympathique, mais avec une autre couverture je ne l’aurais peut-être pas forcément acheté. Et quelle surprise lors de ma lecture ! C’est simple, je n’ai pas réussi à décrocher de ce roman une seule fois. Je ressentais le besoin d’y retourner à chaque fois que je devais le poser. J’ai trouvé ce roman bien plus profond que ce qu’il laissait paraître. Si vous aimez les lectures jeunesse, girly, qui sortent de l’ordinaire avec un fond approfondi et moins enfantin, je vous le conseille fois mille.

  1. Un roman dont on n’a pas aimé le résumé mais qui au final nous a grandement surpris

Le pays où l'on n'arrive jamais

Le Pays où l’on n’arrive jamais d’André Dhôtel. Disons que le résumé n’est pas ce qui a de plus palpitant. En fait, c’est un résumé très vague, qui laisse peu de place aux suppositions, et donc je ne m’attendais à trouver grand-chose d’extraordinaire dans ce petit livre, je me suis dit que ça serait une histoire de retrouvailles certes sympathique mais simple. Mais quand j’ai commencé ma lecture, quelle surprise ! J’ai clairement été happée par l’histoire. Pas moyen de quitter Gaspard et le mystérieux fugitif. Cela allait de rebondissements en rebondissements, j’avais le cœur qui battait à cent à l’heure, j’étais énervée, heureuse, triste, toutes les émotions y passaient. Et que de poésie dans ce roman, j’étais transportée au long de l’histoire et particulièrement lorsqu’il y avait le cheval-pie : quand je fermais les yeux j’avais l’impression d’être sur le dos de ce cheval, galopant dans ces bois aux aspects féériques et irréels. C’est ça la magie de la vraie littérature, nous faire voyager même en restant au lit.

  1. Un roman qu’on ne sait pas pourquoi on l’a acheté mais qu’on a tout bonnement adoré

La fille de papier

La fille de papier de Guillaume Musso. Pour tout dire, il s’agit du tout premier Musso que j’ai lu. J’étais encore une adolescente, j’avais entendu parler de cet auteur sans forcément connaître le genre de romans qu’il écrivait. Un jour alors que j’étais à un salon du livre, j’ai vu sur un stand une belle édition limitée de La fille de papier avec une ambiance romantique et cocooning. Il n’en restait qu’un seul, je ne pouvais pas le laisser, c’était un achat purement pulsionnel. Et dès lors de ma lecture, j’ai eu un véritable coup de cœur pour ce roman, alors je suis vraiment bien contente d’avoir une édition limitée aussi superbe. Et je suis aussi contente car cela m’a fait découvrir un des auteurs qui aujourd’hui fait partie de mes favoris.

  1. Un livre dont étonnamment on a préféré l’adaptation

Bilbo le Hobbit

Bilbo le Hobbit de J.R.R. Tolkien. J’ai adoré le livre comme le film mais pour moi le film était plus complet que le livre. Il y a eu beaucoup de rajouts dans l’adaptation et j’ai trouvé que cela apportait un gros plus à l’histoire. Par exemple dans le roman, il manquait la présence de Legolas et de Tauriel, et donc forcément il n’y avait pas la romance entre Tauriel et Kili étant donné que Tauriel n’existait pas. De plus, j’ai trouvé le personnage de Thorin Ecu-de-Chêne bien plus approfondi dans le film. C’est mon personnage préféré et donc le fait qu’il soit plus présent et plus charismatique, c’était que du bonheur.

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Je remercie Les Dégustations Littéraires d’avoir pensé à moi pour ce tag pas forcément simple au premier abord mais très sympathique à réaliser ! N’hésitez-pas à le reprendre, je trouve ça chouette de pouvoir comparer ses réponses avec d’autres lecteurs et par conséquent découvrir de nouveaux livres !

La Bibliothécaire

La Bibliothécaire

Gudule

La Bibliothécaire

Heart– Résumé éditeur –

Pourquoi la vielle dame qui habite en face de chez Guillaume écrit-elle très tard la nuit? Quelle est cette jeune fille qui ne sort de chez elle qu’à le nuit tombée? Pour résoudre ces mystères, Guillaume se lance dans un fantastique voyage au pays des livres et de l’écriture.

Prix : 4,95€ (édition le Livre de Poche Jeunesse)  –  Nombre de pages : 192

– Mon avis –

J’ai un avis vraiment mitigé quant à ce roman. L’histoire est dans l’ensemble intéressante, avec de bonnes idées et beaucoup d’imagination de la part de l’auteure, mais tout cela est trop peu voire trop mal exploité. Malgré un résumé appâtant, on réalise dès notre lecture que l’histoire est sens dessus dessous, sans réelle intrigue et beaucoup trop brève.

Chaque nuit, un adolescent prénommé Guillaume aperçoit dans l’immeuble face au sien une vieille dame qui ne cesse d’écrire. Et dès lors qu’elle termine d’écrire, une jolie jeune fille sort de l’immeuble en courant. Où ? On ne sait pas. Guillaume ne peut donc s’empêcher de se demander ce qu’il se trame et de s’interroger sur l’endroit où elle pourrait bien se rendre. Jusqu’au jour où sa curiosité va le mener à suivre cette mystérieuse et belle inconnue, devenue le centre de ses pensées. A travers diverses aventures, Guillaume, accompagné de son meilleur ami Doudou, va explorer le monde riche et merveilleux de la littérature.

Dans l’ensemble, j’ai trouvé l’histoire sympathique : j’ai bien aimé la manière dont Gudule aborde le thème de la littérature. On voit que lorsqu’elle a écrit ce roman, elle a vraiment voulu transmettre sa passion des livres aux plus jeunes et cet aspect m’a énormément plu. De même que j’ai vraiment adoré survoler de grands classiques littéraires, passant ainsi d’Alice au Pays des Merveilles aux Misérables jusqu’au Petit Prince. Je trouve cela ingénieux de faire découvrir de grands classiques aux jeunes lecteurs – qui ne s’y intéresseraient pas forcément d’eux-mêmes – à travers un petit roman jeunesse. J’ai par exemple moi-même eu envie de relire le Petit Prince avec ce livre. De plus, il y a plusieurs passages qui sortent du lot et nous amènent à nous interroger quant aux bienfaits des livres dans notre vie, notamment quand le Petit Prince explique à Guillaume que les livres nous permettent de vivre et revivre des moments que l’on a adorés à notre guise grâce à la relecture.

Néanmoins, il y a beaucoup trop de failles dans ce roman qui m’ont empêchée de l’apprécier entièrement. J’ai trouvé cette histoire peu crédible. Certes, il s’agit de fantastique et forcément il ne faut pas s’attendre à ce que ce soit plausible. Mais l’histoire s’enchaîne trop vite et part un peu dans tous les sens, elle est sans véritable structure puisqu’il n’y a pas forcément de liens entre chaque aventure. Les personnages m’ont paru peu développés ce qui ne nous permet malheureusement pas de nous attacher pleinement à eux. J’ai trouvé sympathiques Guillaume et Doudou mais c’est tout, en aucun cas je ne me suis retrouvée en eux ou m’y suis identifiée, ne serait-ce qu’une fois. Ce manque d’attache naît du manque de descriptions. Et je pense que des personnages qui nous semblent lointains ne peuvent pas nous marquer pendant notre lecture. C’est un livre qui une fois lu, est vite oublié.

Beaucoup d’éléments m’ont dérangée lors de ma lecture notamment divers clichés comme celui de l’adolescent qui ne sait pas DU TOUT écrire. D’accord, aujourd’hui beaucoup de jeunes se fichent éperdument de l’orthographe et malheureusement rares sont ceux qui ont un réel bon niveau en grammaire, mais de là « ha èkrir kome sa »… Pas un mot sans faute, même sur les prénoms, il ne faudrait pas prendre les jeunes pour des ânes non plus. Après, le cliché de l’ami noir qui rappe à chacune de ses paroles, ça va au début mais ça devient très vite fatiguant « d’aaa-voiiir affaiiiiire à quelqu’unnn qui paaaar-leee touuuu-jouuurs en veeeers, YO ». Enfin, vous voyez le genre… Une fois, à la rigueur mais bon, toutes les deux pages… C’est un humour sympathique aux premiers abords mais qui devient vite lourd. Idem quand l’auteure n’assimile pas la bande-dessinée à de la vraie littérature. D’accord, il n’y a pas autant de texte que dans un roman et cela laisse moins place à l’imagination étant donné qu’il y a des images, mais il y a aussi de belles pépites en bandes-dessinées. Je pense que tous ces petits éléments une fois assemblés nuisent à l’histoire et c’est bien dommage.

Cependant j’aime beaucoup les thèmes qui ressortent de ce roman tels que l’amour, l’amitié et l’imagination. Et j’ai apprécié le fait que les jeunes peuvent se retrouver à travers Guillaume qui ne s’intéresse pas beaucoup à ses cours, et qui comme lui, peuvent évoluer au fil des pages et comprendre l’importance des mots et des livres dans la vie.

Je pense donc que c’est un livre qui plaira aux plus jeunes et pourra leur permettre d’avoir le goût de la lecture, ou du moins leur donner une meilleure image des livres, de leur montrer la littérature sous un angle différent, un angle qu’ils n’auraient jamais envisagé auparavant. Il est juste dommage qu’une fois fini, ce livre nous laisse un goût d’inachevé.

– Citations –

« Je déteste les livres où les gens meurent.
– C’est parce que tu ne les ouvres pas à la bonne page, dit le Petit Prince.
– Comment ça ?
– Ce qu’il y a de bien dans les histoires, c’est qu’on peut toujours revenir en arrière.
– Que veux-tu dire?
– C’est l’avantage qu’ont les livres sur la vie réelle. Dans la vie réelle, quand un drame arrive, on se dit : « Comme j’aimerais retourner dans le passé, profiter du bonheur d’avant ! » La lecture nous donne cette possibilité : il suffit de reprendre les chapitres précédents, et on revit les moments que l’on aime chaque fois qu’on le désire. »

*

Ce qu’il y a de bien, avec la parole, c’est qu’elle n’a ni orthographe ni ponctuation.

*

J’ai respiré ses cheveux. Ils sentaient la vanille, la cannelle, la violette. Ce parfum-là, c’était le parfum du bonheur.

*

Le temps est moins cruel qu’on ne le pense. Derrière ses stigmates, les êtres ne changent pas. De beaux meubles, même sous plusieurs couches de peinture, conservent leur grâce. Il suffit de les gratter pour les retrouver intacts. Les gens, c’est pareil…

 Gudule, La bibliothécaire

La potion magique de Georges Bouillon

La potion magique de Georges Bouillon

Roald Dahl

La potion magique de Georges Bouillon

4coeurs– Résumé éditeur –

La plupart des grands-mères sont d’adorables vieilles dames, gentilles et serviables. Hélas, ce n’est pas le cas de la grand-mère de Georges ! Grincheuse, égoïste, elle ressemble à une sorcière et elle a des goûts bizarres : elle aime se régaler de limaces, de chenilles… Un jour, alors qu’elle vient une fois de plus de le terroriser, Georges décide de lui préparer une potion magique. Une potion aux effets surprenants … et durables !

Prix : 6,70€ (éditions Folio Junior)  –  Nombre de pages : 128

– Mon avis –

Premières incursions dans l’univers de Roald Dahl. Je n’ai effectivement jamais lu de livre de cet auteur durant mon enfance, bien qu’il soit considéré comme un auteur classique de la littérature de jeunesse. Néanmoins, comme une grande majorité, j’ai vu plusieurs adaptations cinématographiques de ses romans, notamment les plus connus tels que Charlie et la chocolaterie ou encore James et la grosse pêche. Et donc je connais plus ou moins la fantaisie et l’imagination que pouvait avoir Roald Dahl.

Mais afin de vraiment découvrir cet auteur, j’ai voulu commencer avec un livre dont je ne connaissais rien et donc auquel je ne savais pas à quoi m’attendre. C’est par hasard que je me suis plongée dans La potion magique de Georges Bouillon.

Georges est un petit garçon de huit ans qui ne supporte plus sa Grand-Mère maternelle, surnommée Grandma, puisque cette dernière profite de l’absence de ses parents pour l’importuner. Mais Georges refuse de se laisser martyriser par Grandma – qui se révèle en plus de ça être une très méchante sorcière – et de ce fait, décide de lui concocter une potion avec tout ce qu’il trouve dans sa maison. Ainsi, il espère la transformer, la rendre meilleure ou tant pis ce qu’il lui adviendra. De cette potion vont naître des effets spectaculaires et surprenants, au point de donner des idées à Monsieur Gros Bouillon, le père de Georges, qui espère reproduire cette potion à l’aide de son fils afin de la commercialiser et changer le monde.

Qu’est-ce que j’ai ri ! En fait, je me suis amusée tout au long de cette histoire rocambolesque : qu’est-ce que c’était pétillant et drôle ! L’écriture de Roald Dahl est vraiment à mourir de rire. Impossible de rester de marbre. L’histoire est déjà très originale en soi, mais alors la façon de la raconter l’est encore plus. La manière dont on parle de la Grand-Mère est juste trop drôle. On n’est pas du tout dans une écriture vulgaire étant donné que c’est un livre destiné à des enfants, mais les paroles sont vraiment crues et décapantes. Et croyez-moi, c’est bien plus drôle que des insultes ! Quelques exemples : « Je vais lui préparer une nouvelle potion, une potion si forte, si violente et si fantastique qu’elle la guérira complètement ou lui fera sauter la cervelle ! », « Pas d’hésitation, pas de question, pas d’embrouillamini pour savoir si un produit secouerait ou non la vieille. », « Georges ne voulait pas rester avec un cadavre sous le bras », « Le premier qu’il trouva fut un grand paquet de superblanc pour machines à laver automatiques : ‘’La saleté s’en va comme par magie.’’ Grandma était-elle ou non automatique ? En tout cas, c’était sûrement une vieille femme sale. », ou encore Georges ajoutant de la nourriture pour canaris dans sa potion : « Ça fera chanter la vieille perruche ! » Je n’en cite pas plus afin que vous découvriez le reste par vous-mêmes.

Dès les premières lignes, les voix des personnages se sont tout de suite imposées à moi : je me suis imaginée leurs voix de manière presque instinctive tellement le ton est donné, tellement l’humour est présent dès le départ. Et je trouve que c’est une qualité vraiment nécessaire à un écrivain – donner le ton – que Roald Dahl exploite avec une authenticité et un humour vraiment singulier.

Pour ma part, ce petit roman est une très belle découverte – pour son histoire comme pour son auteur – et me donne très envie de continuer à découvrir l’œuvre de Roald Dahl.

La potion magique de Georges Bouillon

– Citations –

Georges n’y pouvait rien, il détestait Grandma. C’était une vieille femme grincheuse et égoïste qui avait des dents jaunâtres et une petite bouche toute ridée comme le derrière d’un chien.

*

Le premier qu’il trouva fut un grand paquet de superblanc pour machines à laver automatiques : « La saleté s’en va comme par magie. » Grandma était-elle ou non automatique ? En tout cas, c’était sûrement une vieille femme sale.

*

Et une cuillerée pour Grandma !
Allons, avale-moi ça !
C’est bon, n’est-ce pas ?
Va-t-elle éclater ? Exploser ?
S’envoler par-dessus les toits ?
S’évanouir dans la fumée ?
Pétiller comme du Coca ?
Qui sait ? En tout cas, pas moi !
Ma chère, chère Grand-maman,
Si tu savais ce qui t’attend…

*

Grandir est une sale manie des enfants.

*

Hourra ! Cornes à la sorcière,
Vive la chaudière !
Hourra ! Cornes à la potion,
Vive le chaudron !
Pétille, clapote, barbouille,
Siffle, crachote, gargouille !
Fais tes prières, Grand-mère !

Illustration Georges Bouillon par Quentin BlakeIllustration par Quentin Blake

 

L’Etranger

L'EtrangerAlbert Camus

L'Etranger

4coeurs– Résumé éditeur –

« Quand la sonnerie a encore retenti, que la porte du box s’est ouverte, c’est le silence de la salle qui est monté vers moi, le silence, et cette singulière sensation que j’ai eue lorsque j’ai constaté que le jeune journaliste avait détourné les yeux. Je n’ai pas regardé du côté de Marie. Je n’en ai pas eu le temps parce que le président m’a dit dans une forme bizarre que j’aurais la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français… »

Prix : 5,90€  (éditions Gallimard, collection Folio)  –  Nombre de pages : 191

– Mon avis –

Etrange roman qu’est L’Etranger d’Albert Camus. J’ai un peu de mal à mettre des mots sur ce que j’ai ressenti au cours de ma lecture tellement elle me fit passer par des palettes d’émotions totalement différentes et même contradictoires. C’est un livre qui nous laisse comme une saveur étrange, un ressenti totalement déconcertant : en fait, tout est étrange dans ce roman et ce du début à la fin.

Dans un premier temps, ce n’est pas un livre que j’ai aimé une fois que je l’avais refermé. En réalité, je me suis même demandé quel était son réel intérêt et pourquoi y’avait-il tant d’engouement face à ce roman. Mais après de mûres réflexions, j’ai commencé à l’apprécier et à comprendre son impact dans l’histoire littéraire : c’est un livre auquel je repensais après l’avoir reposé, sur lequel je m’interrogeais beaucoup. Je me suis énormément questionnée sur le monde qui m’entourait et c’est de là que j’ai compris pourquoi Camus a eu le prix Nobel.

« Aujourd’hui, Maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. »
Dès le début, je me suis sentie proche du narrateur et personnage principal Meursault, alors même que je m’y sentais complètement étrangère au vu de son absence de sentiments, sa façon de parler et d’annoncer la mort de sa mère qui était tellement dénuée d’émotions. Les mots qu’il emploie, l’absence d’affection et de certitude dans ses paroles m’ont fait comprendre que ce narrateur n’était pas comme nous. Mais je n’ai pas réussi à le détester bien que ses comportements relevaient de l’inacceptable comme par exemple lorsqu’il fumait devant le corps de sa mère entreposé dans une salle ou encore qu’il allait rire devant un film de Fernandel le lendemain de son enterrement. Tous les éléments qui se succèdent dans ce roman paraissent tellement insensés, inappropriés face aux situations présentées que ça en devient déroutant. le narrateur semble accorder plus d’importance à des événements inutiles tels que ses voyages en autocar, les réactions de son patron ou encore l’apparence des personnes qui descendent du tramway le soir. On est face à un personnage vide, qui clairement nous sidère par ses actes, qui nous donne l’impression de se ficher de tout. Bref, on se trouve face à un personnage auquel on ne peut se retrouver, auquel tout nous dissocie. Mais doit-on toujours s’identifier à un personnage dans un livre ? Je ne pense pas car c’est justement cette non-identification qui fait la force de ce roman.

Mais tantôt Meursault nous apparaît antipathique, tantôt on ressent… je ne dirais pas de la peine mais presque, du moins on s’interroge vraiment sur son cas et personnellement je n’ai pas réussi à le détester. On est face à un personnage qui semble se contenter de ce que la vie lui offre. le roman est marqué par des descriptions de plaisirs simples comme fumer une cigarette, partir se baigner en pleine mer, profiter de la fraicheur du soir et de l’amour. « J’avais laissé ma fenêtre ouverte et c’était bon de sentir la nuit d’été couler sur nos corps bruns. » Et même dès lors les dernières pages, j’étais encore sans voix d’autant de je-m’en-foutisme, d’un personnage qui puise son bonheur là où je n’en vois aucun à puiser… ! C’est dingue, je n’attendais vraiment rien de ce roman et je pense que c’est l’une de mes lectures qui me marque le plus.

Je suis restée perplexe et à la fois secouée. Il y a des livres comme ça qu’on commence à apprécier une fois que le message qu’il tente de nous transmettre prend tout son sens. Et ce fut le cas pour L’Etranger. J’aime les livres qui nous font réfléchir et celui-ci m’a particulièrement fait réfléchir par rapport à ce que la société nous impose, par rapport à la condition humaine. Ce qui découle clairement de ce roman, c’est que la société remet en question ce qui la remet en question. C’est assez déstabilisant voire révoltant car quand on ne se conforme pas aux normes de la société, cette dernière tente de nous exclure complètement du monde. Ce livre, malgré sa publication en 1942, n’a pas fini de susciter des réactions chez ses lecteurs et je trouve que plus l’on avance dans le temps et plus ce livre s’adapte à la société. Albert Camus disait de Meursault « qu’il est condamné parce qu’il ne joue pas le jeu ». Il est apparu comme un monstre au sein de la société puisqu’il a dénoncé l’hypocrisie et le jeu social. Il disait également que « dans notre société, tout homme qui ne pleure pas à l’enterrement de sa mère risque d’être condamné à mort. » La société attend que la personne qui perd sa mère rentre dans un système de manifestation de sentiments or Meursault refuse de rentrer dans le système. Et c’est bien de là que naissent tous ses problèmes puisqu’il est absent de ce qu’on attend socialement de lui. On a assimilé son crime avec son absence sociale, on a lié deux éléments sans lien direct pour mieux s’acharner contre lui.

Un livre aux abords et à l’écriture simples mais qui en réalité nous amène à une vraie remise en question du monde qui nous entoure et même de nos propres agissements. En effet, que veut dire « mère décédée » avec « sentiments distingués » ?

– Citations –

Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile: « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier.
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On se fait toujours des idées exagérées de ce qu’on ne connaît pas.
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Il m’a semblé que mon image restait sérieuse, alors même que j’essayais de lui sourire.

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Ce qui m’attendait alors, c’était toujours un sommeil léger et sans rêves. Et pourtant quelque chose était changé puisque, avec l’attente du lendemain, c’est ma cellule que j’ai retrouvée. Comme si les chemins familiers tracés dans les ciels d’été pouvaient mener aussi bien aux prisons qu’aux sommeils innocents.

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J’ai secoué la sueur et le soleil. J’ai compris que j’avais détruit l’équilibre du jour, le silence exceptionnel d’une plage où j’avais été heureux. Alors, j’ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles s’enfonçaient sans qu’il y parût. Et c’était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur. 

Le maître des Livres (Tome 1)

Le maître des Livres

Umiharu Shinohara

Le maître des livres 1

Coup de coeur

– Résumé éditeur –

À la bibliothèque pour enfant « La rose trémière » vous êtes accueillis et conseillés par Mikoshiba, un bibliothécaire binoclard célèbre pour son caractère bien trempé. Mais contrairement à ce qu’il peut laisser paraître, c’est un professionnel de premier ordre. Aujourd’hui encore, adultes comme enfants perdus dans leur vie viennent à lui en espérant qu’il leur trouvera le livre salvateur. Une histoire passionnante centrée sur la littérature et Mikoshiba, le « sommelier du livre pour enfant ».

Prix : 8,50€ (édition Komikku)  –  Nombre de pages : 192

– Mon avis –

Le maître des livres est un manga très original et fascinant qui aborde le thème de la littérature de manière à transmettre la passion des livres au lecteur. Lors de ma lecture de ce manga, j’ai senti que l’auteur était vraiment passionné et admiratif de ce que la littérature peut apporter dans le quotidien des gens, du pouvoir bénéfique et dépaysant que les histoires peuvent amener dans la vie de chacun ; et c’est cet aspect qui m’a particulièrement plu et qui, à mon sens, a donné tout le cachet à ce manga.

L’histoire débute avec le personnage de Myamoto, un jeune homme à la vie assez désordonnée puisque nous le découvrons sortant d’une soirée où il a bu beaucoup d’alcool pour oublier ses malheurs. En tentant de rentrer chez lui, Myamoto va se trouver face à une bibliothèque pour enfant nommée « La rose trémière », bibliothèque qu’il n’a jusqu’alors jamais vue et qui va l’intriguer par le fait que malgré l’heure tardive, elle soit encore ouverte. Ainsi donc il va s’y réfugier et faire la connaissance de Mikoshiba, un bibliothécaire acariâtre, franc et énigmatique qui ne va donc pas hésiter à le remettre en place dès le départ. 

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Mais peu à peu, Myamoto va trouver ses marques dans cette bibliothèque : il va voir en ce lieu comme une sorte de havre de paix où la littérature peut laisser pleinement s’exprimer tous ses effets ressourçants et libérateurs. De fil en aiguille, nous allons découvrir d’autres personnages pour qui les livres se sont avérés être comme un second souffle, une renaissance de soi et surtout une belle prise de conscience. J’ai adoré la façon dont ce manga nous narre le quotidien de manière réaliste mais sans omettre le rêve et la spontanéité, bases-mêmes de ce premier tome prometteur. La littérature est vraiment mise à l’honneur et ne peut que passionner tout accro à la lecture.

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Tous les personnages ont leurs caractéristiques propres et sont attachants à leur façon. Le personnage de Mikoshiba m’a beaucoup plu bien qu’il soit peu sympathique et toujours très mystérieux. Malgré que nous ayons pu nous immiscer dans un flashback sur son enfance, on ne sait pas grand chose sur lui bien que cela fut suffisant pour me permettre de mieux l’apprécier et le comprendre. J’ai trouvé le personnel de la bibliothèque très amusant et chaleureux. Cela donne envie d’aller à la bibliothèque et d’être aussi bien conseillés qu’à « La rose trémière » !

« Le rôle d’un bibliothécaire est de donner envie aux gens de lire…ainsi que de trouver les livres qui pourraient plaire aux gens ! C’est parce qu’il y a des bibliothécaires capables de ça que l’on se rend dans les bibliothèques ! »

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J’ai également adoré le fait que dans un livre, nous plongeons par petits fragments dans d’autres livres comme par exemple Le prince heureux d’Oscar Wilde ou encore L’île au trésor de Stevenson. Nous n’avons donc pas affaire à des livres fictifs mais bien réels. En plus de nous donner envie de continuer cette série de manga, cela nous donne envie de nous plonger dans les classiques de la littérature de jeunesse. 

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Ce manga est une incitation à la lecture, une invitation à voyager dans les mondes infinis et extrêmement riches des histoires. Il nous montre les bienfaits que peut nous apporter la littérature et tout cela se fait en douceur, en humour et en légèreté. Et le fait que ce soit présenté comme une histoire dépourvue de fantastique nous rapproche encore plus des personnages puisqu’ils pourraient être nous. J’ai adoré ce premier tome tellement frais et addictif ! Que demander de plus mis à part la suite ? 

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– Citations –

Ce n’est pas toi qui choisis les livres… Mais les livres qui te choisissent.

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Quel est le problème des livres pour enfants ? Tu te crois suffisamment adulte pour avoir le droit de considérer comme stupide la lecture des livres pour enfants ?!

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Arriver à trouver le livre qui nous plaît parmi tout ce choix…C’est comme une sorte de chasse au trésor. A quoi cela sert d’enlever ce plaisir aux enfants ?

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On parle souvent de « livres pour enfants » ou de « livres pour adultes ». Mais la réalité est qu’il n’y a pas d’âge pour apprécier un livre.

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