La boîte à musique – Bienvenue à Pandorient (tome 1)

La boîte à musique - Bienvenue à Pandorient

Gijé & Carbone

La boîte à musique 1

Coup de coeur

– Résumé éditeur –

Pour son huitième anniversaire, Nola reçoit un magnifique cadeau : la boîte à musique de sa maman Annah. Quelle mélodie enchanteresse ! Mais à y regarder de plus près, une petite fille gesticule à l’intérieur et appelle au secours… En suivant ses instructions, Nola rapetisse et entre dans la boîte à musique. Elle découvre alors Pandorient, un monde fabuleux mais aussi dangereux…

Prix : 12€ (éditions Dupuis)  –  Nombre de pages : 56

– Mon avis –

L’histoire débute dans une petite maison où vivent Martin, et sa fille Nola, qui fête ses huit ans. Cette dernière a perdu sa mère trois mois plus tôt – nous ne savons pas de quelle manière – et depuis, son père ne parvient pas à lui rendre le sourire. Il lui offre alors une boîte à musique, mais pas n’importe quelle boîte, celle qui a appartenu à sa défunte épouse. Celle-ci est magique et regorge de mystères. Aussi, c’est en admirant la beauté de cette boîte à musique que Nola va découvrir quelque-chose de surprenant : il y a une jeune fille à l’intérieur qui lui fait signe de l’aider ! Nola prend son courage à deux mains et décide alors d’entrer dans la boîte à musique, grâce au processus dicté par l’énigmatique jeune fille. C’est alors que s’ouvre à elle un monde incroyable, celui de Pandorient, qui au premier abord semble être une petite ville calme et paisible mais qui lui réserve bien plus de surprises qu’elle ne le pense, notamment en la confrontant avec le passé de sa mère…

J’ai vraiment beaucoup aimé ce premier tome de La boîte à musique, que j’ai trouvé vraiment bien ficelé du début à la fin ! L’intrigue se met doucement en place et nous découvrons de fil en aiguille le monde de Pandorient. Celui-ci nous est représenté à la fois de façon féérique et inquiétante, mêlant aussi bien des atmosphères propices autant aux rêves qu’aux cauchemars. Il y a beaucoup de suspense dans ce premier tome, et d’ailleurs celui-ci est présent jusqu’à la dernière page. En effet, je me pose beaucoup de questions depuis que j’ai refermé cette bande-dessinée, et c’est pourquoi j’ai vraiment très hâte de lire la suite dans l’espoir d’obtenir des réponses ! Pourquoi Mathilda met tant d’énergie à éloigner Nola du monde de Pandorient ? Pourquoi tant de mises en garde quant à Pandorient : « Pandorient est dangereux pour ceux de l’Hexomonde », « si tu le peux, oublie-nous ! » ? J’en viens à me demander si le décès de Annah n’est pas lié au monde de Pandorient ? Enfin, ce n’est que pure hypothèse. Il est vrai que sous ses apparences trompeuses, le monde de Pandorient n’a pas l’air bien dangereux et c’est pourquoi je me demande vraiment ce qu’il se passe là-bas pour que Mathilda tienne de tels propos. J’ai très envie d’en apprendre davantage sur l’univers car je reste vraiment sur ma faim de par la brièveté de cette bande-dessinée !

Ce premier tome nous peint des protagonistes aux personnalités bien trempées mais aussi très complexes. Par exemple, nous ne pouvons pas tellement nous fier aux apparences dans cette bande-dessinée, car les méchants peuvent être gentils et vice-versa. J’ai beaucoup aimé notre petit trio principal, bien sympathique, constitué de Nola, Andréa et Igor. Je les ai trouvés vraiment différents mais pourtant très complémentaires, très soudés. Globalement, j’ai trouvé ce premier tome à la fois léger et profond de par les thématiques et valeurs auxquelles il nous confronte, comme le deuil, la solidarité, le courage ou encore l’amitié. Ce premier tome est une chouette introduction, qui nous annonce – en tout cas je l’espère – une belle série BD en perspective. L’univers est encore peu développé, mais nous avons tout de même les bases qui sont posées, et je sens que les futurs tomes nous réservent beaucoup de belles surprises. J’espère que Gijé et Carbone déclineront plus en profondeur le monde intriguant qu’est Pandorient, que ce soit dans la narration comme dans le coup de crayon.

D’ailleurs, concernant les illustrations, c’est ce qui m’a tout d’abord donné envie de découvrir cette bande-dessinée. Lorsque j’ai vu cette première de couverture, j’ai tout de suite adoré ! C’est  vraiment très joli et onirique ! L’encadrement autour de Nola m’a rappelé celui des Carnets de Cerise, une merveilleuse série BD dont je suis complètement fan, écrite par Joris Chamblain et illustrée par Aurélie Neyret. Et ces couleurs enchanteresses… ! J’adore toutes ces teintes magiques, mêlées de violet, de bleu et de vert. Lors de ma lecture de La boîte à musique, j’ai d’ailleurs trouvé que les couleurs reflétaient parfaitement les passages qu’elles illustraient. Les coloris utilisés sont parfaitement adaptés selon les situations qu’ils dépeignent, nous offrant des décors tantôt chaleureux et flamboyants, tantôt froids, sombres et inquiétants. Je suis très curieuse quant à la suite de cette histoire et je n’ai qu’une certitude, c’est que je ne la manquerai pas !

– Citations –

– Je comprends mieux… ma mère était infirmière, mais pas moi ! Il faut appeler le docteur !
– Un guérimaux, tu veux dire ?
– Un médecin, quoi !
– Déjà fait, mais il était chez un Tricap !
– Un quoi ?
– Ben, un Tricap ! Un Pandoriental à trois têtes !
– Vous êtes bizarres, quand même !
– Tu trouves ? Pourtant, tu n’as encore rien vu !

*

– J’espère que tu as fait un vœu !
– Oui, je voudrais que maman revienne…
– Tu sais que c’est impossible…

– Trailer –

 

Songe à la douceur

 

Songe à la douceur

Clémentine Beauvais

Songe à la douceur4coeurs

– Résumé éditeur –

Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse, et lui, semblerait-il, aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il ne peut plus vivre loin d’elle. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ? Songe à la douceur, c’est l’histoire de ces deux histoires d’amour absolu et déphasé – l’un adolescent, l’autre jeune adulte – et de ce que dix ans, à ce moment-là d’une vie, peuvent changer. Une double histoire d’amour inspirée des deux Eugène Onéguine de Pouchkine et de Tchaïkovski – et donc écrite en vers, pour en garder la poésie.

Prix : 15,50 € (éditions Sarbacane)  –  Nombre de pages : 240

– Mon avis –

Que de merveilles dans ce petit roman, que de belles métaphores, de magnifiques phrases qui résonnent en boucle dans ma tête et me laissent à l’esprit de merveilleuses images à la fois douces et torturées, et des étoiles plein les yeux. Je peine à trouver les mots pour parler de ma lecture, tant elle a été puissante en tout point. Librement inspirée par le roman russe Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine pour lequel elle avoue avoir eu un coup de cœur, Clémentine Beauvais revisite dans son roman en vers libres intitulé Songe à la douceur l’histoire d’amour désabusée de deux êtres que tout oppose. Eugène est un jeune homme de 17 ans, lassé de la vie, pour laquelle il ne retient que de sombres facettes, telles que sa passivité et sa fatalité. Lorsqu’il rencontre Tatiana, 14 ans, la sœur d’Olga qui est aussi la petite amie de son meilleur ami Lenski, le bonheur semble être à portée de mains pour celui qui n’a de goût à rien. Tatiana est jeune, belle et brillante. Elle croit en l’amour et en la vie, et voit se refléter en Eugène l’image du prince charmant. Tous deux se plaisent à se retrouver quotidiennement et à converser. Cependant, Eugène finit par rejeter Tatiana, par son trop jeune âge sans doute, mais surtout par le spleen qui l’anime, se justifiant du fait qu’ils finiraient par « s’ennuyer ensemble ». Puis un drame les sépare définitivement, du moins jusqu’à ce qu’ils se retrouvent par un heureux hasard dix ans plus tard…

Cette histoire m’a complètement bouleversée. L’amour qui unit Eugène et Tatiana est peu commun, et la manière de nous transmettre leur histoire a littéralement fait fondre mon cœur. Les personnages principaux et secondaires sont terriblement attachants et ce malgré leurs personnalités distinctes. La forme versifiée de ce roman est déstabilisante au premier abord, mais devient nécessaire, presque indispensable au fil des pages. Bien loin de nous refroidir, les rimes et calligrammes nous permettent, en tant que lecteurs, de tisser des liens forts avec les protagonistes en accroissant nos sensations et nos émotions. La poésie et la beauté qui émanent de chaque structure syntaxique nous plonge dans l’ivresse amoureuse et dans la question éminente de l’existence, sans pour autant tomber dans le pathos. En lisant Songe à la douceur, je suis passée par une palette d’émotions assez incroyable et inédite. Je me suis interrogée, je me suis questionnée sur le sens de la vie et le sens de l’amour. Les états d’âme de chacun sont exprimés avec brio, introduits par une langue maniée avec intelligence et sensibilité. Eugène et Tatiana m’ont aussi bien arraché le cœur qu’ils m’ont invitée à rêver, à rire, à pleurer et à m’émouvoir. Il m’a été difficile de m’arrêter de lire la dernière page, tant je me sentais proche d’eux et voulais continuer à y croire. J’ai tellement eu envie de les aider, de leur permettre de vivre leur amour encore et encore afin qu’il dure éternellement. J’ai également eu envie de rentrer dans le livre pour arrêter le drame qui pointait le bout de son nez au fil des pages. le dénouement est intense, ponctue merveilleusement cette histoire teintée de tragédie, de fraîcheur et de nostalgie, et magnifie chaque parcelle, chaque fragment constituant ce roman surprenant.

Je pense que toutes ces impressions de lecture ont été dues certes par l’histoire, mais aussi par l’écriture poétique à couper le souffle que nous offre Clémentine Beauvais. Les vers sont sublimes, dansent entre eux et tendent parfois même à nous offrir des images éphémères, notamment par le biais des calligrammes. Ce mélange visuel textuel m’a énormément plu. le fait d’être dans les pensées des personnages est aussi un atout majeur dans ce roman, car cela a rendu ma lecture encore plus intime et vivante. Les flashbacks sont tout aussi importants et nous permettent d’autant plus d’affirmer la proximité lecteurs-personnages puisque par là nous comprenons mieux leur parcours de vie et leurs choix. Il y a une rétrospection J’avais déjà lu de Clémentine Beauvais son roman Les Petites Reines, qui avait été une très bonne lecture à la fois légère et drôle avec des messages forts, mais avec Songe à la douceur, elle s’ouvre à un autre genre qui m’a fait encore plus apprécier ses écrits. Il est clair que ce roman, aussi bien par son fond que par sa forme, nous laisse une marque indélébile dans le cœur une fois qu’on l’a refermé. C’est avec des livres comme celui-ci, vibrants, vifs, poignants et terriblement humains, que j’ai foi en la littérature, son influence et ses bienfaits.

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– Citations –

Il a le mal d’un siècle qui n’est pas le sien ;
Il se sent l’héritier amer d’un spleen ancien.
Tout est objet d’ennui pour cet inconsolable –
Ou de tristesse extrême, atroce, épouvantable.
Il a tout essayé, et tout lui a déplu.
Il a fumé, couché, dansé, mangé et bu,
Lu, couru, voyagé, peint, joué et écrit :
Rien ne réveille en lui de plaisir endormi.
Souvent, il imagine, au rebord du sommeil,
Dans un futur lointain l’implosion du soleil.
Puisqu’un jour tout sera cette profonde absence,
Pourquoi remplir en vain notre vaine existence, se dépenser en futiles efforts
Dans un monde acculé au couloir de la mort ?
Qu’ils sont laids et idiots, ceux qui se divertissent,
Ceux qui se perdent en labeur ou en délices,
Ceux qui travaillent, ceux qui aiment, ceux qui chantent,
Pour oublier le vide intense qui les hante !
Eugène, à dix-sept ans, a tout compris sur tout :
Et comme tout est rien, il ne fait rien du tout.

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      s’il te plaît
           s’il te plaît s’il te
    plaît s’il te plaît  s’il te plaît
      s’il te plaît  s’il te plaît s’il te
plaît s’il te plaît  s’il te plaît  s’il te plaît                     mais non
            s’il te plaît s’il te plaît                   mais  mais     
 s’il te plaît  s’il te plaît   s’il te plaît               pourquoi pas  non
    s’il te plaît s’il te plaît  s’il te plaît             mais   mais pourquoi
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– Interviews –

Pour finir, je vous laisse deux interviews de Clémentine Beauvais concernant son roman Songe à la douceur. Je les ai trouvées vraiment très intéressantes ! Le travail de Clémentine Beauvais est passionnant et c’est très enrichissant d’en saisir l’essence grâce à ces interviews !

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