Everything, Everything

Everything, EverythingNICOLA YOON

Nicola Yoon - Everything Everything4coeurs– Résumé éditeur –

Ma maladie est aussi rare que célèbre, on l’appelle « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.

Prix : 16,90€ (éditions Bayard Jeunesse)  –  Nombre de pages : 370

– Mon avis –

Ça y est, j’ai enfin lu Everything, Everything de Nicola Yoon ! Depuis le temps qu’il me faisait de l’œil et que j’en entendais parler, je me suis enfin décidée à lire ce roman, qui s’annonçait à la fois drôle et bouleversant.

Madeline Whittier est une jeune femme qui vient d’atteindre la majorité. Mais elle ne vit pas du tout comme toutes les autres jeunes filles de son âge. Elle ne va pas à l’école mais bénéficie de cours à domicile avec des professeurs qu’elle ne peut voir que par webcam. Elle n’a jamais eu de petit copain, pas plus qu’elle n’a eu d’ami(e)s. Elle n’a jamais voyagé, ne connaît pas le goût salé de la mer ni même la beauté des paysages que le monde nous offre. En réalité, Madeline n’a jamais mis un pied en dehors de chez elle. Et pour cause, elle est en fait atteinte de la maladie de l’enfant bulle, une maladie rare qui l’empêche d’entrer en contact avec le monde extérieur, sous peine de tomber gravement malade. La vie de Madeline se résume à rester cloîtrée chez elle, accompagnée de sa mère qui prend soin d’elle du mieux qu’elle peut, et aussi de son infirmière Carla, sa précieuse confidente, qui vient vérifier quotidiennement son état de santé. Ses journées se résument à jouer aux jeux de société avec sa mère, faire ses devoirs et lire des livres qui lui apportent l’évasion qu’elle ne peut avoir en vrai. Madeline se contentait très bien de sa petite vie bien rangée, de ce mode de vie très clos auquel elle s’était finalement habituée. Jusqu’au jour où elle tomba amoureuse du jeune et beau voisin Oliver… Comment continuer à vivre ainsi lorsqu’on est en proie au coup de foudre ?

C’est un roman que j’ai beaucoup aimé de par son approche de la maladie de l’enfant-bulle : l’auteure nous apprend beaucoup de choses sur la maladie et nous livre tout ce que peut ressentir une personne atteinte d’un DICS, sans pour autant tomber dans le pathos. On n’est pas du tout dans un état d’esprit d’apitoiement constant comme on pourrait trouver dans d’autres romans traitant de maladie. Toutefois, on ne peut qu’être très touchés par ce que vit Maddie au quotidien, ou devrais-je plutôt dire par tout ce qu’elle ne peut pas vivre. C’est quand même fou de se dire qu’il existe des personnes qui ne peuvent pas mettre un pied dehors sans risquer leur vie, et que par conséquent ils ne pourront jamais voir le monde extérieur et avoir de vie sociale… Ce roman m’a permis de prendre conscience de la chance qu’on a de pouvoir faire tout ce qu’on veut, et m’a rappelé par ailleurs qu’il faut pleinement en profiter. En tout cas, je trouve que ce livre est une véritable ode à la vie et à l’espoir ! Il va vous donner envie de voyager, de rire, de vous allonger dans l’herbe fraîche sous un soleil d’été, de boire des cocktails pétillants et colorés, d’aller vous baigner dans l’eau fraîche de la mer et de sentir le sable vous glisser sous les pieds. En bref, de savourer chaque instant !

En ce qui concerne la romance, je l’ai beaucoup aimée aussi. Olly, tout comme Maddy, est un personnage attachant, qui a également son propre lot de problèmes, qui pour ma part auraient d’ailleurs mérité d’être plus exploités. Leur histoire est vraiment très belle, bien qu’un peu trop furtive à mon goût. J’aime quand les romances sont développées mais dans ce roman, je l’ai trouvée un petit peu trop facile. Néanmoins, ces deux personnages m’ont mis des étoiles plein les yeux et m’ont donné envie de croire à leur histoire. J’ai vraiment beaucoup aimé leur personnalité, leurs moments d’échanges, leur insouciance face à la vie et leur envie de la croquer à pleines dents malgré tous les soucis qui les envahissaient !

Je n’ai malheureusement pas eu de coup de cœur pour Everything, Everything, et j’en suis d’ailleurs assez déçue… J’ai vu tellement d’avis extrêmement positifs sur ce roman que je m’attendais à beaucoup plus en le lisant. Même si ce fut une lecture très plaisante, je n’ai pas eu l’émotion escomptée. Je suis restée spectatrice tout le long, et pourtant je suis quelqu’un de très sensible. Déjà, j’ai trouvé que l’histoire mettait beaucoup de temps à démarrer. Pour tout vous dire, c’est seulement à partir de la moitié du roman que j’ai réussi à savourer pleinement ma lecture. En ce qui concerne la fin du roman, elle a surpris la plupart des lectures. Mais le problème étant que je l’avais déjà devinée depuis longtemps. Il y a eu beaucoup trop d’éléments qui m’ont fait penser que ça allait se finir ainsi, et je trouve d’ailleurs que c’est dommage d’avoir eu autant d’indices de la part de l’auteure. En fait, j’espérais vraiment me tromper tant ça me semblait simple, mais quand j’ai vu que j’avais raison, mon engouement est retombé comme un soufflé.

En dehors de ce point négatif, c’est une merveilleuse histoire de vie que je vous recommande sans aucune hésitation ! De plus les références littéraires et les citations de ce roman sont extraordinaires, et rien que pour cela et pour l’originalité de la thématique abordée, je vous le conseille fortement ! La littérature est mise à l’honneur dans Everything, Everything puisqu’on retrouve des chefs-d’œuvre tels que Le Petit Prince d’Antoine de St-Exupéry, La nausée de Jean-Paul Sartre, Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes, Sa majesté les mouches de William Golding ou encore L’Etranger d’Albert Camus. Avec ce roman, on voit à quel point la littérature a quelque-chose de magique et d’unique : les livres nous marquent et continuent d’exercer leur influence sur nous tout au long de notre vie.

Je tenais à signaler les fautes de frappe et d’orthographe vraiment désastreuses dans la version française de chez Bayard Jeunesse. Cela m’a beaucoup dérangée. Je comprends qu’on ne puisse pas tout voir lors des relectures, mais il y en avait tellement que je me suis demandée si ce roman avait été relu avant d’être publié.

– Citations –

Il ne suffit pas d’être vivant pour vivre.

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Une photo, c’est un peu comme une machine à remonter le temps. Soudain, ma chambre s’efface et je suis sur cette plage, entourée d’amour et d’air salé, environnée par la chaleur qui diminue, et les ombres qui s’allongent dans le crépuscule. J’emplis mes minuscules poumons d’autant d’air qu’ils peuvent en contenir, et je retiens mon souffle. Je le retiens depuis tout ce temps.

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Et maintenant ma vie n’a plus aucun sens. Je voudrais presque ne jamais l’avoir rencontré. Comment pourrais-je retourner à mon existence d’avant ? Cette existence dans laquelle tous les jours s’étirent devant moi avec une similitude brutale et infinie ? Comment pourrais-je redevenir cette « fille-qui-lit » ? Non pas que je regrette l’ancienne vie que je passais plongée dans mes livres. Tout ce que je sais du monde, je l’ai appris grâce à eux. Mais la description d’un arbre ne sera jamais un arbre, et un millier de baisers de papier n’égaleront jamais la sensation des lèvres d’Olly posées sur les miennes.

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– Au fond de moi, je sais que j’ai déjà été amoureux, mais ça n’avait rien à voir. Être amoureux de toi, c’est encore mieux que de l’être pour la première fois. C’est comme si c’était la première, la dernière et l’unique fois en même temps.

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LE DICTIONNAIRE DE MADELINE

Promesse : N.F. Sens 1 : Mensonge auquel on tient. (Whittier, 2015).

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