Inséparables

 

inséparables

Sarah Crossan

inséparables


4coeurs
– Résumé éditeur –

Grace et Tippi. Tippi et Grace. Deux sœurs siamoises, deux ados inséparables, entrent au lycée pour la première fois…

Elle me dit : « On peut aller au lycée, et avoir un boulot, et conduire une voiture et nager et partir en rando. Tu sais que je te suivrai n’importe où, Gracie. Tout ce que tu veux, dis-le-moi, et on le fera. On peut tout faire, OK? »

Je lui réponds : « OK. » « Mais ce qu’on ne pourra jamais, jamais faire, c’est tomber amoureuses. C’est clair ? »

Prix : 14,90€ (éditions Rageot)  –  Nombre de pages : 377

– Mon avis –

Inséparables, c’est l’histoire de deux vies pour un seul corps, ou d’une seule vie pour deux corps… c’est la touchante histoire de sœurs siamoises, Grace et Tippi, qui entrent pour la première fois au lycée et se confrontent au regard des autres.

Bien plus qu’une histoire sur les jumeaux fusionnés, c’est une histoire de vie qui nous est contée. Entre les premières amitiés, les premiers émois, les premiers voyages, nous suivons le quotidien de deux jeunes filles qui ne demandent qu’à vivre pleinement et à être considérées dans leur singularité.

Au-delà de leur initiation aux autres, les thématiques abordées sont importantes et dramatiques. Les difficultés liées à la pathologie ne sont pas épargnées et nous ébranlent jusqu’aux dernières pages. L’alcoolisme, les difficultés financières et l’anorexie sont également traitées en arrière-plan mais toujours avec une once d’espoir. C’est un livre qui rayonne malgré sa dureté apparente. Si comme moi vous êtes intéressés par le sujet et que vous êtes à fleur de mots, il faut que vous lisiez Inséparables

Nous suivons l’histoire à travers les yeux de Grace. L’écriture peut surprendre au premier abord. Si vous connaissez Songe à la douceur de Clémentine Beauvais (mon avis *ici*), qui a d’ailleurs traduit ce roman, c’est écrit de la même manière, en vers. Pour Inséparables je ne trouve pas que cela a apporté grand-chose, contrairement au roman de Clémentine Beauvais. Mais j’avoue que pour certains passages, j’ai trouvé cela très beau, puisque certains mots étaient accentués et donnaient plus de profondeur au récit tenu par Grace.

Ce n’est pas un coup de cœur mais une très bonne lecture ! J’ai dévoré ce roman en moins de deux jours et les nombreuses sources usitées par l’autrice, expliquées en fin de roman, rendent l’histoire encore plus réelle après coup, et par conséquent plus impactante.

– Citations –

Je suis seule dans l’Orlando

de Virginia Woolf,

dans la chambre d’Orlando

qui se réveille femme

après toute une vie d’homme.

Et pourtant,

étrangement,

savoir que le regard de Jon a dévalé

ces pages,

digéré ces mots que moi-même

je dévore,

me donne l’impression que

c’est aussi un peu lui que je goûte.

*

Cauchemar

À la bibliothèque municipale près de Church Square Park

où Tippi et moi on va emprunter des DVD,

une fille munie d’un iPhone

pousse soupirs et gémissements.

« J’ai plus de réseau. J’arrive pas à me connecter au wifi.

Le cauchemar, quoi »,

dit-elle à son amie,

en agitant le téléphone autour d’elle

comme pour harponner une onde

baladeuse.

C’est marrant quand même ce qui inquiète les gens

alors que leurs vies, franchement,

se passent nickel.

un_parfum_de_livre. 👭《Inséparables》c'est l'histoire de deux vies pour un seul corps, ou d

Songe à la douceur

 

Songe à la douceur

Clémentine Beauvais

Songe à la douceur4coeurs

– Résumé éditeur –

Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse, et lui, semblerait-il, aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il ne peut plus vivre loin d’elle. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ? Songe à la douceur, c’est l’histoire de ces deux histoires d’amour absolu et déphasé – l’un adolescent, l’autre jeune adulte – et de ce que dix ans, à ce moment-là d’une vie, peuvent changer. Une double histoire d’amour inspirée des deux Eugène Onéguine de Pouchkine et de Tchaïkovski – et donc écrite en vers, pour en garder la poésie.

Prix : 15,50 € (éditions Sarbacane)  –  Nombre de pages : 240

– Mon avis –

Que de merveilles dans ce petit roman, que de belles métaphores, de magnifiques phrases qui résonnent en boucle dans ma tête et me laissent à l’esprit de merveilleuses images à la fois douces et torturées, et des étoiles plein les yeux. Je peine à trouver les mots pour parler de ma lecture, tant elle a été puissante en tout point. Librement inspirée par le roman russe Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine pour lequel elle avoue avoir eu un coup de cœur, Clémentine Beauvais revisite dans son roman en vers libres intitulé Songe à la douceur l’histoire d’amour désabusée de deux êtres que tout oppose. Eugène est un jeune homme de 17 ans, lassé de la vie, pour laquelle il ne retient que de sombres facettes, telles que sa passivité et sa fatalité. Lorsqu’il rencontre Tatiana, 14 ans, la sœur d’Olga qui est aussi la petite amie de son meilleur ami Lenski, le bonheur semble être à portée de mains pour celui qui n’a de goût à rien. Tatiana est jeune, belle et brillante. Elle croit en l’amour et en la vie, et voit se refléter en Eugène l’image du prince charmant. Tous deux se plaisent à se retrouver quotidiennement et à converser. Cependant, Eugène finit par rejeter Tatiana, par son trop jeune âge sans doute, mais surtout par le spleen qui l’anime, se justifiant du fait qu’ils finiraient par « s’ennuyer ensemble ». Puis un drame les sépare définitivement, du moins jusqu’à ce qu’ils se retrouvent par un heureux hasard dix ans plus tard…

Cette histoire m’a complètement bouleversée. L’amour qui unit Eugène et Tatiana est peu commun, et la manière de nous transmettre leur histoire a littéralement fait fondre mon cœur. Les personnages principaux et secondaires sont terriblement attachants et ce malgré leurs personnalités distinctes. La forme versifiée de ce roman est déstabilisante au premier abord, mais devient nécessaire, presque indispensable au fil des pages. Bien loin de nous refroidir, les rimes et calligrammes nous permettent, en tant que lecteurs, de tisser des liens forts avec les protagonistes en accroissant nos sensations et nos émotions. La poésie et la beauté qui émanent de chaque structure syntaxique nous plonge dans l’ivresse amoureuse et dans la question éminente de l’existence, sans pour autant tomber dans le pathos. En lisant Songe à la douceur, je suis passée par une palette d’émotions assez incroyable et inédite. Je me suis interrogée, je me suis questionnée sur le sens de la vie et le sens de l’amour. Les états d’âme de chacun sont exprimés avec brio, introduits par une langue maniée avec intelligence et sensibilité. Eugène et Tatiana m’ont aussi bien arraché le cœur qu’ils m’ont invitée à rêver, à rire, à pleurer et à m’émouvoir. Il m’a été difficile de m’arrêter de lire la dernière page, tant je me sentais proche d’eux et voulais continuer à y croire. J’ai tellement eu envie de les aider, de leur permettre de vivre leur amour encore et encore afin qu’il dure éternellement. J’ai également eu envie de rentrer dans le livre pour arrêter le drame qui pointait le bout de son nez au fil des pages. le dénouement est intense, ponctue merveilleusement cette histoire teintée de tragédie, de fraîcheur et de nostalgie, et magnifie chaque parcelle, chaque fragment constituant ce roman surprenant.

Je pense que toutes ces impressions de lecture ont été dues certes par l’histoire, mais aussi par l’écriture poétique à couper le souffle que nous offre Clémentine Beauvais. Les vers sont sublimes, dansent entre eux et tendent parfois même à nous offrir des images éphémères, notamment par le biais des calligrammes. Ce mélange visuel textuel m’a énormément plu. le fait d’être dans les pensées des personnages est aussi un atout majeur dans ce roman, car cela a rendu ma lecture encore plus intime et vivante. Les flashbacks sont tout aussi importants et nous permettent d’autant plus d’affirmer la proximité lecteurs-personnages puisque par là nous comprenons mieux leur parcours de vie et leurs choix. Il y a une rétrospection J’avais déjà lu de Clémentine Beauvais son roman Les Petites Reines, qui avait été une très bonne lecture à la fois légère et drôle avec des messages forts, mais avec Songe à la douceur, elle s’ouvre à un autre genre qui m’a fait encore plus apprécier ses écrits. Il est clair que ce roman, aussi bien par son fond que par sa forme, nous laisse une marque indélébile dans le cœur une fois qu’on l’a refermé. C’est avec des livres comme celui-ci, vibrants, vifs, poignants et terriblement humains, que j’ai foi en la littérature, son influence et ses bienfaits.

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– Citations –

Il a le mal d’un siècle qui n’est pas le sien ;
Il se sent l’héritier amer d’un spleen ancien.
Tout est objet d’ennui pour cet inconsolable –
Ou de tristesse extrême, atroce, épouvantable.
Il a tout essayé, et tout lui a déplu.
Il a fumé, couché, dansé, mangé et bu,
Lu, couru, voyagé, peint, joué et écrit :
Rien ne réveille en lui de plaisir endormi.
Souvent, il imagine, au rebord du sommeil,
Dans un futur lointain l’implosion du soleil.
Puisqu’un jour tout sera cette profonde absence,
Pourquoi remplir en vain notre vaine existence, se dépenser en futiles efforts
Dans un monde acculé au couloir de la mort ?
Qu’ils sont laids et idiots, ceux qui se divertissent,
Ceux qui se perdent en labeur ou en délices,
Ceux qui travaillent, ceux qui aiment, ceux qui chantent,
Pour oublier le vide intense qui les hante !
Eugène, à dix-sept ans, a tout compris sur tout :
Et comme tout est rien, il ne fait rien du tout.

*

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– Interviews –

Pour finir, je vous laisse deux interviews de Clémentine Beauvais concernant son roman Songe à la douceur. Je les ai trouvées vraiment très intéressantes ! Le travail de Clémentine Beauvais est passionnant et c’est très enrichissant d’en saisir l’essence grâce à ces interviews !

*

Everything, Everything

Everything, EverythingNICOLA YOON

Nicola Yoon - Everything Everything4coeurs– Résumé éditeur –

Ma maladie est aussi rare que célèbre, on l’appelle « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.

Prix : 16,90€ (éditions Bayard Jeunesse)  –  Nombre de pages : 370

– Mon avis –

Ça y est, j’ai enfin lu Everything, Everything de Nicola Yoon ! Depuis le temps qu’il me faisait de l’œil et que j’en entendais parler, je me suis enfin décidée à lire ce roman, qui s’annonçait à la fois drôle et bouleversant.

Madeline Whittier est une jeune femme qui vient d’atteindre la majorité. Mais elle ne vit pas du tout comme toutes les autres jeunes filles de son âge. Elle ne va pas à l’école mais bénéficie de cours à domicile avec des professeurs qu’elle ne peut voir que par webcam. Elle n’a jamais eu de petit copain, pas plus qu’elle n’a eu d’ami(e)s. Elle n’a jamais voyagé, ne connaît pas le goût salé de la mer ni même la beauté des paysages que le monde nous offre. En réalité, Madeline n’a jamais mis un pied en dehors de chez elle. Et pour cause, elle est en fait atteinte de la maladie de l’enfant bulle, une maladie rare qui l’empêche d’entrer en contact avec le monde extérieur, sous peine de tomber gravement malade. La vie de Madeline se résume à rester cloîtrée chez elle, accompagnée de sa mère qui prend soin d’elle du mieux qu’elle peut, et aussi de son infirmière Carla, sa précieuse confidente, qui vient vérifier quotidiennement son état de santé. Ses journées se résument à jouer aux jeux de société avec sa mère, faire ses devoirs et lire des livres qui lui apportent l’évasion qu’elle ne peut avoir en vrai. Madeline se contentait très bien de sa petite vie bien rangée, de ce mode de vie très clos auquel elle s’était finalement habituée. Jusqu’au jour où elle tomba amoureuse du jeune et beau voisin Oliver… Comment continuer à vivre ainsi lorsqu’on est en proie au coup de foudre ?

C’est un roman que j’ai beaucoup aimé de par son approche de la maladie de l’enfant-bulle : l’auteure nous apprend beaucoup de choses sur la maladie et nous livre tout ce que peut ressentir une personne atteinte d’un DICS, sans pour autant tomber dans le pathos. On n’est pas du tout dans un état d’esprit d’apitoiement constant comme on pourrait trouver dans d’autres romans traitant de maladie. Toutefois, on ne peut qu’être très touchés par ce que vit Maddie au quotidien, ou devrais-je plutôt dire par tout ce qu’elle ne peut pas vivre. C’est quand même fou de se dire qu’il existe des personnes qui ne peuvent pas mettre un pied dehors sans risquer leur vie, et que par conséquent ils ne pourront jamais voir le monde extérieur et avoir de vie sociale… Ce roman m’a permis de prendre conscience de la chance qu’on a de pouvoir faire tout ce qu’on veut, et m’a rappelé par ailleurs qu’il faut pleinement en profiter. En tout cas, je trouve que ce livre est une véritable ode à la vie et à l’espoir ! Il va vous donner envie de voyager, de rire, de vous allonger dans l’herbe fraîche sous un soleil d’été, de boire des cocktails pétillants et colorés, d’aller vous baigner dans l’eau fraîche de la mer et de sentir le sable vous glisser sous les pieds. En bref, de savourer chaque instant !

En ce qui concerne la romance, je l’ai beaucoup aimée aussi. Olly, tout comme Maddy, est un personnage attachant, qui a également son propre lot de problèmes, qui pour ma part auraient d’ailleurs mérité d’être plus exploités. Leur histoire est vraiment très belle, bien qu’un peu trop furtive à mon goût. J’aime quand les romances sont développées mais dans ce roman, je l’ai trouvée un petit peu trop facile. Néanmoins, ces deux personnages m’ont mis des étoiles plein les yeux et m’ont donné envie de croire à leur histoire. J’ai vraiment beaucoup aimé leur personnalité, leurs moments d’échanges, leur insouciance face à la vie et leur envie de la croquer à pleines dents malgré tous les soucis qui les envahissaient !

Je n’ai malheureusement pas eu de coup de cœur pour Everything, Everything, et j’en suis d’ailleurs assez déçue… J’ai vu tellement d’avis extrêmement positifs sur ce roman que je m’attendais à beaucoup plus en le lisant. Même si ce fut une lecture très plaisante, je n’ai pas eu l’émotion escomptée. Je suis restée spectatrice tout le long, et pourtant je suis quelqu’un de très sensible. Déjà, j’ai trouvé que l’histoire mettait beaucoup de temps à démarrer. Pour tout vous dire, c’est seulement à partir de la moitié du roman que j’ai réussi à savourer pleinement ma lecture. En ce qui concerne la fin du roman, elle a surpris la plupart des lectures. Mais le problème étant que je l’avais déjà devinée depuis longtemps. Il y a eu beaucoup trop d’éléments qui m’ont fait penser que ça allait se finir ainsi, et je trouve d’ailleurs que c’est dommage d’avoir eu autant d’indices de la part de l’auteure. En fait, j’espérais vraiment me tromper tant ça me semblait simple, mais quand j’ai vu que j’avais raison, mon engouement est retombé comme un soufflé.

En dehors de ce point négatif, c’est une merveilleuse histoire de vie que je vous recommande sans aucune hésitation ! De plus les références littéraires et les citations de ce roman sont extraordinaires, et rien que pour cela et pour l’originalité de la thématique abordée, je vous le conseille fortement ! La littérature est mise à l’honneur dans Everything, Everything puisqu’on retrouve des chefs-d’œuvre tels que Le Petit Prince d’Antoine de St-Exupéry, La nausée de Jean-Paul Sartre, Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes, Sa majesté les mouches de William Golding ou encore L’Etranger d’Albert Camus. Avec ce roman, on voit à quel point la littérature a quelque-chose de magique et d’unique : les livres nous marquent et continuent d’exercer leur influence sur nous tout au long de notre vie.

Je tenais à signaler les fautes de frappe et d’orthographe vraiment désastreuses dans la version française de chez Bayard Jeunesse. Cela m’a beaucoup dérangée. Je comprends qu’on ne puisse pas tout voir lors des relectures, mais il y en avait tellement que je me suis demandée si ce roman avait été relu avant d’être publié.

– Citations –

Il ne suffit pas d’être vivant pour vivre.

*

Une photo, c’est un peu comme une machine à remonter le temps. Soudain, ma chambre s’efface et je suis sur cette plage, entourée d’amour et d’air salé, environnée par la chaleur qui diminue, et les ombres qui s’allongent dans le crépuscule. J’emplis mes minuscules poumons d’autant d’air qu’ils peuvent en contenir, et je retiens mon souffle. Je le retiens depuis tout ce temps.

*

Et maintenant ma vie n’a plus aucun sens. Je voudrais presque ne jamais l’avoir rencontré. Comment pourrais-je retourner à mon existence d’avant ? Cette existence dans laquelle tous les jours s’étirent devant moi avec une similitude brutale et infinie ? Comment pourrais-je redevenir cette « fille-qui-lit » ? Non pas que je regrette l’ancienne vie que je passais plongée dans mes livres. Tout ce que je sais du monde, je l’ai appris grâce à eux. Mais la description d’un arbre ne sera jamais un arbre, et un millier de baisers de papier n’égaleront jamais la sensation des lèvres d’Olly posées sur les miennes.

*

– Au fond de moi, je sais que j’ai déjà été amoureux, mais ça n’avait rien à voir. Être amoureux de toi, c’est encore mieux que de l’être pour la première fois. C’est comme si c’était la première, la dernière et l’unique fois en même temps.

*

LE DICTIONNAIRE DE MADELINE

Promesse : N.F. Sens 1 : Mensonge auquel on tient. (Whittier, 2015).

Everything Everything

La Bibliothécaire

La Bibliothécaire

Gudule

La Bibliothécaire

Heart– Résumé éditeur –

Pourquoi la vielle dame qui habite en face de chez Guillaume écrit-elle très tard la nuit? Quelle est cette jeune fille qui ne sort de chez elle qu’à le nuit tombée? Pour résoudre ces mystères, Guillaume se lance dans un fantastique voyage au pays des livres et de l’écriture.

Prix : 4,95€ (édition le Livre de Poche Jeunesse)  –  Nombre de pages : 192

– Mon avis –

J’ai un avis vraiment mitigé quant à ce roman. L’histoire est dans l’ensemble intéressante, avec de bonnes idées et beaucoup d’imagination de la part de l’auteure, mais tout cela est trop peu voire trop mal exploité. Malgré un résumé appâtant, on réalise dès notre lecture que l’histoire est sens dessus dessous, sans réelle intrigue et beaucoup trop brève.

Chaque nuit, un adolescent prénommé Guillaume aperçoit dans l’immeuble face au sien une vieille dame qui ne cesse d’écrire. Et dès lors qu’elle termine d’écrire, une jolie jeune fille sort de l’immeuble en courant. Où ? On ne sait pas. Guillaume ne peut donc s’empêcher de se demander ce qu’il se trame et de s’interroger sur l’endroit où elle pourrait bien se rendre. Jusqu’au jour où sa curiosité va le mener à suivre cette mystérieuse et belle inconnue, devenue le centre de ses pensées. A travers diverses aventures, Guillaume, accompagné de son meilleur ami Doudou, va explorer le monde riche et merveilleux de la littérature.

Dans l’ensemble, j’ai trouvé l’histoire sympathique : j’ai bien aimé la manière dont Gudule aborde le thème de la littérature. On voit que lorsqu’elle a écrit ce roman, elle a vraiment voulu transmettre sa passion des livres aux plus jeunes et cet aspect m’a énormément plu. De même que j’ai vraiment adoré survoler de grands classiques littéraires, passant ainsi d’Alice au Pays des Merveilles aux Misérables jusqu’au Petit Prince. Je trouve cela ingénieux de faire découvrir de grands classiques aux jeunes lecteurs – qui ne s’y intéresseraient pas forcément d’eux-mêmes – à travers un petit roman jeunesse. J’ai par exemple moi-même eu envie de relire le Petit Prince avec ce livre. De plus, il y a plusieurs passages qui sortent du lot et nous amènent à nous interroger quant aux bienfaits des livres dans notre vie, notamment quand le Petit Prince explique à Guillaume que les livres nous permettent de vivre et revivre des moments que l’on a adorés à notre guise grâce à la relecture.

Néanmoins, il y a beaucoup trop de failles dans ce roman qui m’ont empêchée de l’apprécier entièrement. J’ai trouvé cette histoire peu crédible. Certes, il s’agit de fantastique et forcément il ne faut pas s’attendre à ce que ce soit plausible. Mais l’histoire s’enchaîne trop vite et part un peu dans tous les sens, elle est sans véritable structure puisqu’il n’y a pas forcément de liens entre chaque aventure. Les personnages m’ont paru peu développés ce qui ne nous permet malheureusement pas de nous attacher pleinement à eux. J’ai trouvé sympathiques Guillaume et Doudou mais c’est tout, en aucun cas je ne me suis retrouvée en eux ou m’y suis identifiée, ne serait-ce qu’une fois. Ce manque d’attache naît du manque de descriptions. Et je pense que des personnages qui nous semblent lointains ne peuvent pas nous marquer pendant notre lecture. C’est un livre qui une fois lu, est vite oublié.

Beaucoup d’éléments m’ont dérangée lors de ma lecture notamment divers clichés comme celui de l’adolescent qui ne sait pas DU TOUT écrire. D’accord, aujourd’hui beaucoup de jeunes se fichent éperdument de l’orthographe et malheureusement rares sont ceux qui ont un réel bon niveau en grammaire, mais de là « ha èkrir kome sa »… Pas un mot sans faute, même sur les prénoms, il ne faudrait pas prendre les jeunes pour des ânes non plus. Après, le cliché de l’ami noir qui rappe à chacune de ses paroles, ça va au début mais ça devient très vite fatiguant « d’aaa-voiiir affaiiiiire à quelqu’unnn qui paaaar-leee touuuu-jouuurs en veeeers, YO ». Enfin, vous voyez le genre… Une fois, à la rigueur mais bon, toutes les deux pages… C’est un humour sympathique aux premiers abords mais qui devient vite lourd. Idem quand l’auteure n’assimile pas la bande-dessinée à de la vraie littérature. D’accord, il n’y a pas autant de texte que dans un roman et cela laisse moins place à l’imagination étant donné qu’il y a des images, mais il y a aussi de belles pépites en bandes-dessinées. Je pense que tous ces petits éléments une fois assemblés nuisent à l’histoire et c’est bien dommage.

Cependant j’aime beaucoup les thèmes qui ressortent de ce roman tels que l’amour, l’amitié et l’imagination. Et j’ai apprécié le fait que les jeunes peuvent se retrouver à travers Guillaume qui ne s’intéresse pas beaucoup à ses cours, et qui comme lui, peuvent évoluer au fil des pages et comprendre l’importance des mots et des livres dans la vie.

Je pense donc que c’est un livre qui plaira aux plus jeunes et pourra leur permettre d’avoir le goût de la lecture, ou du moins leur donner une meilleure image des livres, de leur montrer la littérature sous un angle différent, un angle qu’ils n’auraient jamais envisagé auparavant. Il est juste dommage qu’une fois fini, ce livre nous laisse un goût d’inachevé.

– Citations –

« Je déteste les livres où les gens meurent.
– C’est parce que tu ne les ouvres pas à la bonne page, dit le Petit Prince.
– Comment ça ?
– Ce qu’il y a de bien dans les histoires, c’est qu’on peut toujours revenir en arrière.
– Que veux-tu dire?
– C’est l’avantage qu’ont les livres sur la vie réelle. Dans la vie réelle, quand un drame arrive, on se dit : « Comme j’aimerais retourner dans le passé, profiter du bonheur d’avant ! » La lecture nous donne cette possibilité : il suffit de reprendre les chapitres précédents, et on revit les moments que l’on aime chaque fois qu’on le désire. »

*

Ce qu’il y a de bien, avec la parole, c’est qu’elle n’a ni orthographe ni ponctuation.

*

J’ai respiré ses cheveux. Ils sentaient la vanille, la cannelle, la violette. Ce parfum-là, c’était le parfum du bonheur.

*

Le temps est moins cruel qu’on ne le pense. Derrière ses stigmates, les êtres ne changent pas. De beaux meubles, même sous plusieurs couches de peinture, conservent leur grâce. Il suffit de les gratter pour les retrouver intacts. Les gens, c’est pareil…

 Gudule, La bibliothécaire

La potion magique de Georges Bouillon

La potion magique de Georges Bouillon

Roald Dahl

La potion magique de Georges Bouillon

4coeurs– Résumé éditeur –

La plupart des grands-mères sont d’adorables vieilles dames, gentilles et serviables. Hélas, ce n’est pas le cas de la grand-mère de Georges ! Grincheuse, égoïste, elle ressemble à une sorcière et elle a des goûts bizarres : elle aime se régaler de limaces, de chenilles… Un jour, alors qu’elle vient une fois de plus de le terroriser, Georges décide de lui préparer une potion magique. Une potion aux effets surprenants … et durables !

Prix : 6,70€ (éditions Folio Junior)  –  Nombre de pages : 128

– Mon avis –

Premières incursions dans l’univers de Roald Dahl. Je n’ai effectivement jamais lu de livre de cet auteur durant mon enfance, bien qu’il soit considéré comme un auteur classique de la littérature de jeunesse. Néanmoins, comme une grande majorité, j’ai vu plusieurs adaptations cinématographiques de ses romans, notamment les plus connus tels que Charlie et la chocolaterie ou encore James et la grosse pêche. Et donc je connais plus ou moins la fantaisie et l’imagination que pouvait avoir Roald Dahl.

Mais afin de vraiment découvrir cet auteur, j’ai voulu commencer avec un livre dont je ne connaissais rien et donc auquel je ne savais pas à quoi m’attendre. C’est par hasard que je me suis plongée dans La potion magique de Georges Bouillon.

Georges est un petit garçon de huit ans qui ne supporte plus sa Grand-Mère maternelle, surnommée Grandma, puisque cette dernière profite de l’absence de ses parents pour l’importuner. Mais Georges refuse de se laisser martyriser par Grandma – qui se révèle en plus de ça être une très méchante sorcière – et de ce fait, décide de lui concocter une potion avec tout ce qu’il trouve dans sa maison. Ainsi, il espère la transformer, la rendre meilleure ou tant pis ce qu’il lui adviendra. De cette potion vont naître des effets spectaculaires et surprenants, au point de donner des idées à Monsieur Gros Bouillon, le père de Georges, qui espère reproduire cette potion à l’aide de son fils afin de la commercialiser et changer le monde.

Qu’est-ce que j’ai ri ! En fait, je me suis amusée tout au long de cette histoire rocambolesque : qu’est-ce que c’était pétillant et drôle ! L’écriture de Roald Dahl est vraiment à mourir de rire. Impossible de rester de marbre. L’histoire est déjà très originale en soi, mais alors la façon de la raconter l’est encore plus. La manière dont on parle de la Grand-Mère est juste trop drôle. On n’est pas du tout dans une écriture vulgaire étant donné que c’est un livre destiné à des enfants, mais les paroles sont vraiment crues et décapantes. Et croyez-moi, c’est bien plus drôle que des insultes ! Quelques exemples : « Je vais lui préparer une nouvelle potion, une potion si forte, si violente et si fantastique qu’elle la guérira complètement ou lui fera sauter la cervelle ! », « Pas d’hésitation, pas de question, pas d’embrouillamini pour savoir si un produit secouerait ou non la vieille. », « Georges ne voulait pas rester avec un cadavre sous le bras », « Le premier qu’il trouva fut un grand paquet de superblanc pour machines à laver automatiques : ‘’La saleté s’en va comme par magie.’’ Grandma était-elle ou non automatique ? En tout cas, c’était sûrement une vieille femme sale. », ou encore Georges ajoutant de la nourriture pour canaris dans sa potion : « Ça fera chanter la vieille perruche ! » Je n’en cite pas plus afin que vous découvriez le reste par vous-mêmes.

Dès les premières lignes, les voix des personnages se sont tout de suite imposées à moi : je me suis imaginée leurs voix de manière presque instinctive tellement le ton est donné, tellement l’humour est présent dès le départ. Et je trouve que c’est une qualité vraiment nécessaire à un écrivain – donner le ton – que Roald Dahl exploite avec une authenticité et un humour vraiment singulier.

Pour ma part, ce petit roman est une très belle découverte – pour son histoire comme pour son auteur – et me donne très envie de continuer à découvrir l’œuvre de Roald Dahl.

La potion magique de Georges Bouillon

– Citations –

Georges n’y pouvait rien, il détestait Grandma. C’était une vieille femme grincheuse et égoïste qui avait des dents jaunâtres et une petite bouche toute ridée comme le derrière d’un chien.

*

Le premier qu’il trouva fut un grand paquet de superblanc pour machines à laver automatiques : « La saleté s’en va comme par magie. » Grandma était-elle ou non automatique ? En tout cas, c’était sûrement une vieille femme sale.

*

Et une cuillerée pour Grandma !
Allons, avale-moi ça !
C’est bon, n’est-ce pas ?
Va-t-elle éclater ? Exploser ?
S’envoler par-dessus les toits ?
S’évanouir dans la fumée ?
Pétiller comme du Coca ?
Qui sait ? En tout cas, pas moi !
Ma chère, chère Grand-maman,
Si tu savais ce qui t’attend…

*

Grandir est une sale manie des enfants.

*

Hourra ! Cornes à la sorcière,
Vive la chaudière !
Hourra ! Cornes à la potion,
Vive le chaudron !
Pétille, clapote, barbouille,
Siffle, crachote, gargouille !
Fais tes prières, Grand-mère !

Illustration Georges Bouillon par Quentin BlakeIllustration par Quentin Blake

 

L’Etranger

L'EtrangerAlbert Camus

L'Etranger

4coeurs– Résumé éditeur –

« Quand la sonnerie a encore retenti, que la porte du box s’est ouverte, c’est le silence de la salle qui est monté vers moi, le silence, et cette singulière sensation que j’ai eue lorsque j’ai constaté que le jeune journaliste avait détourné les yeux. Je n’ai pas regardé du côté de Marie. Je n’en ai pas eu le temps parce que le président m’a dit dans une forme bizarre que j’aurais la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français… »

Prix : 5,90€  (éditions Gallimard, collection Folio)  –  Nombre de pages : 191

– Mon avis –

Etrange roman qu’est L’Etranger d’Albert Camus. J’ai un peu de mal à mettre des mots sur ce que j’ai ressenti au cours de ma lecture tellement elle me fit passer par des palettes d’émotions totalement différentes et même contradictoires. C’est un livre qui nous laisse comme une saveur étrange, un ressenti totalement déconcertant : en fait, tout est étrange dans ce roman et ce du début à la fin.

Dans un premier temps, ce n’est pas un livre que j’ai aimé une fois que je l’avais refermé. En réalité, je me suis même demandé quel était son réel intérêt et pourquoi y’avait-il tant d’engouement face à ce roman. Mais après de mûres réflexions, j’ai commencé à l’apprécier et à comprendre son impact dans l’histoire littéraire : c’est un livre auquel je repensais après l’avoir reposé, sur lequel je m’interrogeais beaucoup. Je me suis énormément questionnée sur le monde qui m’entourait et c’est de là que j’ai compris pourquoi Camus a eu le prix Nobel.

« Aujourd’hui, Maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. »
Dès le début, je me suis sentie proche du narrateur et personnage principal Meursault, alors même que je m’y sentais complètement étrangère au vu de son absence de sentiments, sa façon de parler et d’annoncer la mort de sa mère qui était tellement dénuée d’émotions. Les mots qu’il emploie, l’absence d’affection et de certitude dans ses paroles m’ont fait comprendre que ce narrateur n’était pas comme nous. Mais je n’ai pas réussi à le détester bien que ses comportements relevaient de l’inacceptable comme par exemple lorsqu’il fumait devant le corps de sa mère entreposé dans une salle ou encore qu’il allait rire devant un film de Fernandel le lendemain de son enterrement. Tous les éléments qui se succèdent dans ce roman paraissent tellement insensés, inappropriés face aux situations présentées que ça en devient déroutant. le narrateur semble accorder plus d’importance à des événements inutiles tels que ses voyages en autocar, les réactions de son patron ou encore l’apparence des personnes qui descendent du tramway le soir. On est face à un personnage vide, qui clairement nous sidère par ses actes, qui nous donne l’impression de se ficher de tout. Bref, on se trouve face à un personnage auquel on ne peut se retrouver, auquel tout nous dissocie. Mais doit-on toujours s’identifier à un personnage dans un livre ? Je ne pense pas car c’est justement cette non-identification qui fait la force de ce roman.

Mais tantôt Meursault nous apparaît antipathique, tantôt on ressent… je ne dirais pas de la peine mais presque, du moins on s’interroge vraiment sur son cas et personnellement je n’ai pas réussi à le détester. On est face à un personnage qui semble se contenter de ce que la vie lui offre. le roman est marqué par des descriptions de plaisirs simples comme fumer une cigarette, partir se baigner en pleine mer, profiter de la fraicheur du soir et de l’amour. « J’avais laissé ma fenêtre ouverte et c’était bon de sentir la nuit d’été couler sur nos corps bruns. » Et même dès lors les dernières pages, j’étais encore sans voix d’autant de je-m’en-foutisme, d’un personnage qui puise son bonheur là où je n’en vois aucun à puiser… ! C’est dingue, je n’attendais vraiment rien de ce roman et je pense que c’est l’une de mes lectures qui me marque le plus.

Je suis restée perplexe et à la fois secouée. Il y a des livres comme ça qu’on commence à apprécier une fois que le message qu’il tente de nous transmettre prend tout son sens. Et ce fut le cas pour L’Etranger. J’aime les livres qui nous font réfléchir et celui-ci m’a particulièrement fait réfléchir par rapport à ce que la société nous impose, par rapport à la condition humaine. Ce qui découle clairement de ce roman, c’est que la société remet en question ce qui la remet en question. C’est assez déstabilisant voire révoltant car quand on ne se conforme pas aux normes de la société, cette dernière tente de nous exclure complètement du monde. Ce livre, malgré sa publication en 1942, n’a pas fini de susciter des réactions chez ses lecteurs et je trouve que plus l’on avance dans le temps et plus ce livre s’adapte à la société. Albert Camus disait de Meursault « qu’il est condamné parce qu’il ne joue pas le jeu ». Il est apparu comme un monstre au sein de la société puisqu’il a dénoncé l’hypocrisie et le jeu social. Il disait également que « dans notre société, tout homme qui ne pleure pas à l’enterrement de sa mère risque d’être condamné à mort. » La société attend que la personne qui perd sa mère rentre dans un système de manifestation de sentiments or Meursault refuse de rentrer dans le système. Et c’est bien de là que naissent tous ses problèmes puisqu’il est absent de ce qu’on attend socialement de lui. On a assimilé son crime avec son absence sociale, on a lié deux éléments sans lien direct pour mieux s’acharner contre lui.

Un livre aux abords et à l’écriture simples mais qui en réalité nous amène à une vraie remise en question du monde qui nous entoure et même de nos propres agissements. En effet, que veut dire « mère décédée » avec « sentiments distingués » ?

– Citations –

Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile: « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier.
*
On se fait toujours des idées exagérées de ce qu’on ne connaît pas.
*

Il m’a semblé que mon image restait sérieuse, alors même que j’essayais de lui sourire.

*

Ce qui m’attendait alors, c’était toujours un sommeil léger et sans rêves. Et pourtant quelque chose était changé puisque, avec l’attente du lendemain, c’est ma cellule que j’ai retrouvée. Comme si les chemins familiers tracés dans les ciels d’été pouvaient mener aussi bien aux prisons qu’aux sommeils innocents.

*

J’ai secoué la sueur et le soleil. J’ai compris que j’avais détruit l’équilibre du jour, le silence exceptionnel d’une plage où j’avais été heureux. Alors, j’ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles s’enfonçaient sans qu’il y parût. Et c’était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur. 

Cœur Mandarine

Coeur MandarineT3

Cathy Cassidy

Coeur Mandarine

Coup de coeur

– Résumé éditeur –

Je m’appelle : Summer Tanberry. Mon âge : 13 ans. Je suis : Perfectionniste. Mon style : Leggings et robes à la mode. J’aime : La danse, la danse, la danse. Je rêve : De devenir danseuse professionnelle. Mon problème : J’ai l’impression que tout m’échappe au moment où je voudrais tout contrôler… 

Prix : 14,90 (édition Nathan)  –  Nombre de pages : 288

– Mon avis –

J’étais très impatiente de lire ce troisième tome et je n’ai pas été du tout déçue. Bien que dès le départ Summer m’a paru hautaine, ennuyeuse et complètement prétentieuse, mon avis a vite changé au fil de ma lecture. C’est une fille qui souffre, qui ne se confie pas car elle voudrait que les gens remarquent directement qu’elle ne va pas bien. Elle ne se confie pas ou très peu et a des difficultés à dire ce qu’elle ressent.

Dans ce roman, Cathy Cassidy traite une fois de plus un sujet difficile, celui de l’anorexie. Mais ce n’est pas abordé de façon trash : elle y va petit à petit, avec un langage simple mais franc, ce qui nous amène non pas à être choqué mais touché. Plus on tourne les pages et plus on sent l’aspect dramatique de la situation, qui ne cesse de s’aggraver. On voudrait s’immiscer dans le roman pour pouvoir aider Summer : on aimerait lui dire de se réveiller et de se remettre sur le droit chemin mais malheureusement les faits s’accumulent sans que nous puissions réagir ; chaque pas qu’elle fait la mène tout droit dans le mur. Ça en est limite énervant de ne pouvoir rien faire quand on voit ce qu’elle s’inflige – tous ses régimes alimentaires qui l’affaiblissent et la rendent maigre au point d’en voir les os – et il n’y a pas que physiquement qu’elle se détruit, intérieurement elle se sent d’une infériorité sans égale, elle se sous-estime sans cesse. Elle est détruite et a l’impression que personne n’est là pour la soutenir alors que tout le monde se fait du souci pour son état de santé. Tout le monde est là pour elle sauf que sa maladie l’empêche de s’en rendre compte.

Dans ce tome, j’ai beaucoup aimé le fait que Tommy soit aussi important dans l’histoire. Je dirai même qu’il est un personnage essentiel à la construction de ce roman. C’est un personnage très sympathique, pour qui on ne peut que ressentir de l’empathie et plein de bons sentiments. Il est attentionné, gentil et malheureusement la fille qu’il aime le prend pour un idiot. En effet, Summer se souvient de l’école primaire où Tommy lui demandait d’être son amoureux pour ensuite se moquer d’elle. Sauf que depuis leur plus tendre enfance, Tommy a changé : il a grandi et surtout il a mûri. Et c’est là le grand problème avec Summer, c’est qu’elle n’arrive pas à casser la barrière entre l’enfance et l’adolescence ; tout comme elle n’arrive pas à voir sa maladie telle qu’elle est, c’est-à-dire horriblement destructrice. Elle pense que Tommy est encore là juste pour la ridiculiser et lui faire des blagues. Lorsqu’il la flatte et la complimente, elle croit qu’il n’en pense pas un mot et qu’il dit tout ça de façon ironique alors qu’il est l’un des personnages les plus soucieux envers Summer – il est une sorte de pilier qui l’empêche de chuter.

Je vous conseille vraiment ce roman. Loin de sa couverture girly, c’est un roman plus profond et travaillé que nous propose Cathy Cassidy. C’est ce qui fait vraiment l’originalité de ce roman et nous donne envie de continuer à lire la suite. De plus, cela illustre bien ce tome qui pour moi fait partie des meilleurs : l’habit ne fait pas le moine ou encore il ne faut jamais juger l’apparence extérieure d’une personne (on ne réalise pas à quel point certaines personnes jouent un rôle pour ne pas montrer leurs faiblesses) – un roman a l’aspect très enfantin peut cacher une très grande faille, des séquelles incurables tout comme Summer peut laisser la première fois qu’on la voit un aspect très superficiel et énervant alors qu’au fond elle est détruite et ne nous envoie rien d’autre qu’un appel au secours.

– Citations –

Son baiser a un goût de carotte, de mandarine et d’espoir, et je souris.

*

Ça fait bizarre de se voir grandir en accéléré… les gamines sages dans leurs uniformes impeccables sont devenues des ados branchées. Au lieu de parler de poupées et de chevaux, on préfère maintenant discuter de musique, de maquillage et de qui craque pour qui. On rit, on mâche du chewing-gum et on se remet du gloss dans les couloirs entre les cours, mais je me demande combien de filles aimeraient, comme moi, revenir en arrière, vers une époque plus simple où on n’avait pas à se soucier de soutiens-gorge, de règles et de garçons, où on pouvait jouer aux princesses ou manger une barre de chocolat sans penser aux calories. Parfois, j’ai l’impression de devoir jouer un rôle. On se parfume avec du déodorant à la fraise, on admire les groupes à la mode et on joue les grandes, en espérant que personne ne verra qu’au fond, on est toutes un peu perdues. A moins que je ne sois la seule à avoir cette impression? C’est tellement dur de grandir.

*

– Ne pleure pas, me dit Tommy. Il n’en vaut pas la peine.
– Je sais, je chuchote.
Mais ce n’est pas à cause de Zack que je pleure; c’est parce que tout est en train de changer et se dérobe devant moi… la vie bien organisée que j’imaginais, mes espoirs, mes rêves, ma confiance en moi. C’est comme un pull troué : on tire un peu sur un fil, et tout se détricote.

*

C’est comme si grandir était une espèce de maladie qui se répand à toute vitesse, comme le virus de la grippe en hiver, et qui chamboule tout. Pour l’instant, je me sens immunisée. Je me contente de contempler l’épidémie, horrifiée par les dégâts qu’elle peut causer. Parfois, j’aimerais pouvoir arrêter le temps, retourner à l’époque où j’avais neuf ou dix ans et où tout était beaucoup plus simple.

Les filles au chocolat

Cœur Guimauve

Coeur GuimauveT2

Cathy Cassidy

Coeur Guimauve

Coup de coeur

– Résumé éditeur –

Je m’appelle : Skye Tanberry. Mon âge : 12 ans. Je suis : Sentimentale et passionnée. Mon style : Chapeaux et robes vintage. J’aime : Les histoires romantiques, l’astrologie. Je rêve : D’être aussi populaire que ma sœur jumelle. Mon problème : Je ne suis pas faire pour les garçons d’aujourd’hui…

Prix : 14,90€ (édition Nathan)  –  Nombre de pages : 297

– Mon avis –

J’ai passé un merveilleux moment de lecture grâce à Cœur Guimauve ! J’avais déjà adoré le premier tome Cœur Cerise mais j’avais beaucoup moins apprécié l’héroïne Cherry qui me paraissait vraiment trop naïve malgré qu’elle soit un peu plus âgée que les jumelles Tanberry. Alors que dans ce second tome, le personnage de Skye m’a ravie : je l’ai trouvée tellement attachante, pour faire court je l’ai complètement adorée.

Dans ce second tome, nous suivons précisément Skye, une jeune fille rêveuse et un peu tête en l’air, raffolant de guimauve et surtout passionnée de vintage et de tout ce qui touche à l’ancien temps, aussi bien vêtements que meubles, histoires ou accessoires – ce qui n’entraîne que de l’incompréhension de la part de ses proches au vu de sa façon de s’habiller atypique. Et en parallèle, nous suivons sa sœur jumelle Summer, qui est beaucoup plus appréciée que Skye, que ce soit à l’école ou partout où qu’elle aille : c’est elle qui attire les garçons (même le meilleur ami de Skye avoue craquer pour sa sœur), elle que les amis de Skye vont voir pour des conseils, elle qui est une merveilleuse et talentueuse danseuse de ballet et qui à présent a toujours réussi ce qu’elle a entrepris. Skye est donc très malheureuse d’être si peu remarquée et délaissée.

Bien qu’elles soient jumelles et qu’elles s’adorent, elles ont donc des caractères et des personnalités bien différentes et distinctes, ce qui a le don de peiner Skye. Bien-sûr, se démarquer de sa jumelle n’est pas un problème, bien au contraire puisqu’elle n’aime pas forcément lui ressembler – elle ne voudrait pas qu’on pense qu’elle vit à travers elle. Mais le fait de se différencier de sa sœur lui donne l’impression de s’éloigner peu à peu d’elle. Cette situation la rend triste et elle refuse de vivre dans son ombre. De ce fait, Skye souffre beaucoup et se renferme sur elle-même au point de s’inventer un monde propre à elle et de vivre dans l’imaginaire. Mais comment faire pour sortir des rêves et recommencer à croire en soi lorsque l’imaginaire s’avère être plus réconfortant et magnifique que la réalité ?

Ce second tome m’a vraiment touchée. J’ai adoré voir l’évolution de la relation entre les deux jumelles. La façon dont Cathy Cassidy nous aborde cette relation donne une impression de vécu – on dirait qu’elle a vraiment été à la place de Skye étant petite, ce qui a donné un réalisme étonnant au récit et renforcé mon empathie envers ce personnage. J’ai eu de la peine pour Skye et je pense que beaucoup de jeunes filles pourront se reconnaître à travers elle. Cathy Cassidy traite des sujets difficiles – surtout pour des jeunes filles – tels que l’acceptation de soi, le fait de grandir, de changer… mais les magnifie avec son écriture simple mais pas simpliste. Et c’est ça qui est magique avec cette auteure, c’est qu’elle a le don de rendre quelque chose de simple en quelque chose de très fort, de très émouvant. Je vous conseille particulièrement ce second tome qui à mes yeux est l’un des meilleurs de la saga avec Cœur Vanille.

– Citations –

Je la regardais pour savoir ce que je ressentais ; si elle souriait, je souriais aussi. Si elle pleurait, j’essuyais ses larmes, je la prenais dans mes bras et j’attendais que le chagrin qui me serrait la poitrine s’efface. Ça peut paraître niais, mais quand elle souffrait, je souffrais aussi. Je pensais que les choses ne changeraient jamais. Et pourtant…

*

Moi, je ne suis pas d’accord: la guimauve est tout sauf fade. C’est doux, léger et mousseux, comme un petit morceau de paradis.

*

Je n’ai pas envie de rester là. Je veux un monde où le soleil brille, où l’air sent le feu de bois et où un garçon aux yeux rieurs m’accroche des fleurs sauvages dans les cheveux et me fait tournoyer sous les arbres jusqu’à en perdre haleine.
*

Je préfère largement mon monde à la réalité. Le passé est un lieu sombre, doux et sucré comme de la guimauve.

*

Le monde de mes rêves est si doux et si réconfortant, comme les Chamallows… et comme avec les Chamallows, il est difficile de s’arrêter une fois qu’on y a goûté.

*

Ma boîte est remplie de chocolats au lait en forme de cœur recouverts d’un glaçage en sucre filé qui ressemble à un flocon de neige. J’en croque un. De la guimauve sucrée fond sur ma langue, douce, vanillée et légèrement collante. J’en ai le souffle coupé. Soudain, ma tristesse semble vouloir s’envoler.

*

La salle brille dans la nuit et on entend la musique dehors. Un flocon parfait vient se poser sur la manche de mon manteau, puis un autre, et soudain on dirait que quelqu’un a éventré un oreiller de plumes dans le ciel d’un noir d’encre.
– C’est magnifique !
J’aimerais rester là dans le noir, sous les flocons qui tourbillonnent doucement.

Cœur Cerise

Coeur Cerise

T1

Cathy Cassidy

Coeur Cerise

Coup de coeur

– Résumé éditeur –

Je m’appelle : Cherry Costello. Mon âge : 13 ans. Je suis : Secrète, débordante d’imagination. Mon style : Jeans skinny, tee-shirts à motifs japonais. J’aime : Les fleurs de cerisier, les roulottes de gitans. Je rêve : D’être acceptée par mes quatre nouvelles demi-sœurs. Mon problème : Je suis amoureuse du petit copain de ma demi-sœur…

Prix : 14,90€ (édition Nathan)  –  Nombre de pages : 295

– Mon avis –

Cœur Cerise est une petite merveille de la littérature jeunesse. Cathy Cassidy nous conte avec tendresse et simplicité l’histoire de Cherry, une jeune fille de 13 ans qui a perdu sa mère très tôt et qui vit donc seule avec son père Paddy. Elle est très discrète et surtout a un cruel manque de confiance en elle puisqu’elle se laisse constamment rabaisser par les pestes de son école ce qui nous montre alors son impuissance vis-à-vis des autres. Personne n’arrive à la comprendre – elle se sent très seule et de ce fait elle est très malheureuse. Mais un jour, lorsque Paddy rencontre Charlotte et parle de s’installer chez elle, tout va changer pour Cherry. Parce qu’il est vrai qu’avoir une belle-mère alors qu’on n’a toujours eu qu’un père auprès de soi, cela change tout – mais apprendre qu’en plus de cela elle va rejoindre une famille nombreuse composée de quatre filles aux alentours de son âge, c’est juste déstabilisant pour une jeune fille qui a toujours vécu dans la solitude et dans le désir d’avoir un jour une véritable famille. Tout va alors aller pour le mieux du monde pour Cherry qui découvre enfin le bonheur d’avoir une famille, jusqu’au moment où elle va tomber amoureuse du petit ami de l’une de ses nouvelles demi-sœurs. Cherry va alors être dans la tourmente : comment réagir lorsque l’on est bien intégrée au sein d’une nouvelle famille mais qu’on est subitement tombée amoureuse du petit ami d’une de ses « nouvelles sœurs » ?

Je vais aller droit au but, j’ai adoré ce livre du début à la fin ! Ce qui m’a d’abord plu, c’est la simplicité de Cherry. Tout au long du roman, elle a su garder les pieds sur terre et rester fidèle à elle-même – elle ne joue aucun rôle. C’est une fille très gentille et qui a la volonté de bien faire et de rendre les gens heureux alors qu’elle-même n’atteint pas encore le bonheur total. J’ai malgré tout trouvé que certains détails ont alourdi ce tome notamment son grand manque de confiance en elle. Elle est toujours prête à se dévaloriser et à se juger inintéressante alors que sa nouvelle famille l’a dans l’ensemble bien acceptée. Elle m’a véritablement tapée sur les nerfs à de nombreuses reprises. J’avais clairement envie de la secouer et de lui dire de se ressaisir car au bout d’un moment je me suis dit qu’elle cherchait les problèmes aussi à toujours être dans la dépréciation de soi. Dans sa nouvelle famille tout le monde l’adore et par ailleurs je ne la comprenais pas dans certaines de ses réactions.

Mais finalement, je me suis mise à sa place. Ça ne doit pas être facile d’arriver du jour au lendemain dans une famille nombreuse et d’être avec une demi-sœur aussi cruelle qu’Honey. Bon, après elle lui a clairement piqué son copain donc il est clair qu’il ne fallait pas trop compter sur une amitié entre les deux jeunes filles…

J’ai trouvé ce premier tome vraiment réussi et annonciateur d’une très belle saga jeunesse. Cathy Cassidy aborde des thèmes difficiles mais tout en légèreté. En plus, c’est frais et gourmand avec l’histoire de la chocolaterie qui se mêle à l’histoire même du personnage-narrateur de Cherry. Je tiens d’ailleurs à préciser que je trouve très intéressant le concept des « Filles au Chocolat ». Chacun des livres qui compose cette saga se focalise sur l’une des sœurs et ainsi on peut mieux les comprendre une à une. Cette saga ne sera donc pas redondante étant donné que de tome en tome nous suivons un personnage différent tout en continuant l’histoire de base. Ce concept de points de vue alternés me plaît beaucoup et attise encore plus mon envie de connaître chacune des filles de manière plus personnelle. En plus, ayant lu les autres tomes, je remarque que les histoires sont des suites mais quand même individuelles. Je m’explique : si quelqu’un veut commencer par le tome deux – ce serait quand même dommage de ne pas lire ce premier tome qui en vaut la peine – il ne sera pas perdu du tout.

La couverture de ce premier tome est merveilleuse. C’est d’ailleurs cette couverture sucrée et alléchante qui m’a poussée à acheter ce livre. Je ne regrette pas du tout d’avoir acheté ce livre juste pour la couverture car l’histoire qu’elle contient en est bien plus belle. A voir ce premier tome, on s’attend à une histoire girly et rose-bonbon à souhait mais ce n’est pas le cas – ce roman est plus profond qu’il en a l’air alors n’hésitez pas à vous ruer sur Cœur Cerise, le contenu est d’autant plus sublime que le contenant !

Un dernier petit plus que j’ai beaucoup apprécié : c’est qu’aux dernières pages du roman, Cathy Cassidy nous a laissé quelques petites cartes d’identités sur les personnages – leur âge, leurs goûts etc. – ainsi que des tests pour savoir à quelle sœur l’on ressemble le plus et des petites recettes qui doivent sûrement être délicieuses… ! Un roman qui se dévore c’est le cas de le dire !

– Citations –

L’amour est comme un chocolat : dur a l’extérieur, mais fondant à l’intérieur.

*

C’est la première fois que je bois du champagne : ça a le goût du bonheur, comme un rayon de soleil glacé et pétillant.

*

Le passé est un truc dangereux. On peut le revivre à travers une histoire, le rendre plus doux, plus beau qu’il n’est vraiment… mais pendant la nuit, la vérité refait sournoisement surface, et on se réveille avec un goût amer dans la bouche.

La Métamorphose

La Métamorphose--Kafka

Franz Kafka

La métamorphose

Heart

– Résumé éditeur –

Lorsque Gregor Samsa s’éveille, un matin, après des rêves agités, il est bel et bien métamorphosé. Doté d’une épaisse carapace d’où s’échappent de pitoyables petites pattes ! Lugubre cocasserie ? Hélas, ultime défense contre ceux, qui, certes, ne sont pas des monstres mais de vulgaires parasites… Les siens. Père, mère, sœur, dont l’ambition est de l’éliminer après avoir contribué à l’étouffer…

Prix : 2,50€ (édition Gallimard, collection Folio classique)  –  Nombre de pages : 144

– Mon avis –

La Métamorphose est un roman poignant qui traite de la psychologie humaine. Un matin, Gregor Samsa se réveille dans la peau d’un énorme cafard répugnant. Mais son seul souci lorsqu’il réalise qu’il a pris l’apparence d’une blatte est de se demander comment il va se rendre à son travail. Il n’est pas choqué par sa métamorphose soudaine et reste obnubilé par la réaction que pourrait avoir son patron s’il n’allait pas travailler.

J’ai l’impression d’avoir été présente lors des scènes décrites dans ce roman tellement elles étaient racontées avec perfection et concision. Franz Kafka a une plume qui nous plonge dès le départ dans son récit mêlant horreur et absurdité.

Je suis vraiment mitigée quant à ce roman. Je ne peux pas dire que je ne l’ai pas aimé parce-qu’il était vraiment très original – je n’en avais jamais lu de tel auparavant et c’est vraiment cette excentricité des thèmes qui m’a plu. J’ai aimé les métaphores dont faisait part Franz Kafka : la représentation de l’homme renfermé sur lui-même et obsédé par le travail symbolisé par le cafard – en effet, petit à petit Gregor se comporte vraiment comme un animal, ce n’est plus une simple apparence – et donc également l’idée de rejet de sa propre famille à cause de son ignoble corps et de sa passivité face aux événements. Alors nous vient la réflexion  « Qui est le plus animal entre Gregor et sa famille? »

Mais pour ma part, l’histoire fut trop répétitive. Les descriptions répugnantes telles que « Il lui coulait des lèvres un liquide brunâtre qui se répandait sur la serrure, puis s’égouttait sur le tapis » nous permettent certes de s’immiscer dans la peau de Gregor et d’accentuer le mal-être et l’horreur qui se dégagent du récit – mais il y en a beaucoup trop ! De plus, la fin n’a rien d’exceptionnel, on la devine dès même le début du récit : un homme transformé, rejeté et qui finit par mourir. C’est un coup bien trop classique, on sent ce qui va se passer et j’aurais préféré être surprise sur la conclusion.

Malgré tout, La Métamorphose n’en reste pas moins un bon roman avec une très belle écriture triste et extrêmement glauque. Mais je n’ai malheureusement pas su saisir et apprécier le message qui est ressorti de ce roman.

– Citations –

Était-il une bête, pour être à ce point ému par la musique ? Il avait le sentiment d’apercevoir le chemin conduisant à la nourriture inconnue dont il avait le désir. Il était résolu à s’avancer jusqu’à sa sœur, à tirer sur sa jupe et à lui suggérer par là de bien vouloir venir dans sa chambre avec son violon, car personne ici ne méritait qu’elle jouât comme lui entendait le mériter. Il ne la laisserait plus sortir de sa chambre, du moins tant qu’il vivrait ; son apparence effrayante le servirait, pour la première fois ; il serait en même temps à toutes les portes de sa chambre, crachant comme un chat à la figure des agresseurs ; mais il ne faudrait pas que sa sœur restât par contrainte, elle demeurerait de son plein gré auprès de lui.

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Comment saisir la clef ? S’il n’avait pas de vraies dents, il possédait en revanche des mâchoires très robustes et il arriva effectivement à remuer la clef en négligeant le mal qu’il pouvait se faire ; il lui coulait des lèvres un liquide brunâtre qui se répandait sur la serrure, puis s’égouttait sur le tapis.

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Rejeter la couverture, rien de plus simple ; il n’avait qu’à se gonfler un peu, elle tomba toute seule. Mais la suite des opérations était plus délicate, surtout parce qu’il était excessivement large. Il aurait eu besoin de bras et de mains pour se redresser ; or, au lieu de cela, il n’avait que ces nombreuses petites pattes sans cesse animées des mouvements les plus divers et de surcroît impossibles à maîtriser. Voulait-il en plier une, elle n’avait rien de plus pressé que de s’étendre ; et s’il parvenait enfin à exécuter avec cette patte ce qu’il voulait, les autres pendant ce temps avaient quartier libre et travaillaient toutes dans une extrême et douloureuse excitation. « Surtout, ne pas rester inutilement au lit », se dit Gregor.