Inséparables

 

inséparables

Sarah Crossan

inséparables


4coeurs
– Résumé éditeur –

Grace et Tippi. Tippi et Grace. Deux sœurs siamoises, deux ados inséparables, entrent au lycée pour la première fois…

Elle me dit : « On peut aller au lycée, et avoir un boulot, et conduire une voiture et nager et partir en rando. Tu sais que je te suivrai n’importe où, Gracie. Tout ce que tu veux, dis-le-moi, et on le fera. On peut tout faire, OK? »

Je lui réponds : « OK. » « Mais ce qu’on ne pourra jamais, jamais faire, c’est tomber amoureuses. C’est clair ? »

Prix : 14,90€ (éditions Rageot)  –  Nombre de pages : 377

– Mon avis –

Inséparables, c’est l’histoire de deux vies pour un seul corps, ou d’une seule vie pour deux corps… c’est la touchante histoire de sœurs siamoises, Grace et Tippi, qui entrent pour la première fois au lycée et se confrontent au regard des autres.

Bien plus qu’une histoire sur les jumeaux fusionnés, c’est une histoire de vie qui nous est contée. Entre les premières amitiés, les premiers émois, les premiers voyages, nous suivons le quotidien de deux jeunes filles qui ne demandent qu’à vivre pleinement et à être considérées dans leur singularité.

Au-delà de leur initiation aux autres, les thématiques abordées sont importantes et dramatiques. Les difficultés liées à la pathologie ne sont pas épargnées et nous ébranlent jusqu’aux dernières pages. L’alcoolisme, les difficultés financières et l’anorexie sont également traitées en arrière-plan mais toujours avec une once d’espoir. C’est un livre qui rayonne malgré sa dureté apparente. Si comme moi vous êtes intéressés par le sujet et que vous êtes à fleur de mots, il faut que vous lisiez Inséparables

Nous suivons l’histoire à travers les yeux de Grace. L’écriture peut surprendre au premier abord. Si vous connaissez Songe à la douceur de Clémentine Beauvais (mon avis *ici*), qui a d’ailleurs traduit ce roman, c’est écrit de la même manière, en vers. Pour Inséparables je ne trouve pas que cela a apporté grand-chose, contrairement au roman de Clémentine Beauvais. Mais j’avoue que pour certains passages, j’ai trouvé cela très beau, puisque certains mots étaient accentués et donnaient plus de profondeur au récit tenu par Grace.

Ce n’est pas un coup de cœur mais une très bonne lecture ! J’ai dévoré ce roman en moins de deux jours et les nombreuses sources usitées par l’autrice, expliquées en fin de roman, rendent l’histoire encore plus réelle après coup, et par conséquent plus impactante.

– Citations –

Je suis seule dans l’Orlando

de Virginia Woolf,

dans la chambre d’Orlando

qui se réveille femme

après toute une vie d’homme.

Et pourtant,

étrangement,

savoir que le regard de Jon a dévalé

ces pages,

digéré ces mots que moi-même

je dévore,

me donne l’impression que

c’est aussi un peu lui que je goûte.

*

Cauchemar

À la bibliothèque municipale près de Church Square Park

où Tippi et moi on va emprunter des DVD,

une fille munie d’un iPhone

pousse soupirs et gémissements.

« J’ai plus de réseau. J’arrive pas à me connecter au wifi.

Le cauchemar, quoi »,

dit-elle à son amie,

en agitant le téléphone autour d’elle

comme pour harponner une onde

baladeuse.

C’est marrant quand même ce qui inquiète les gens

alors que leurs vies, franchement,

se passent nickel.

un_parfum_de_livre. 👭《Inséparables》c'est l'histoire de deux vies pour un seul corps, ou d

Poésies pour enfants

Poésies

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Poèmes à lire et à rêver

Elisabeth Brami

Poèmes à lire et à rêver

Coup de coeur

– Résumé éditeur –

Des comptines pour mes copines, des refrains pour mes copains, des poèmes pour ceux que j’aime.

Prix : 18,30€ (édition Seuil)  –  Nombre de pages : 150

– Mon avis –

Il s’agit d’un recueil de poèmes qui font rêver, comme l’indique d’ailleurs son titre. De Musset à Maurice Carême en passant par Verlaine, tous les grands poètes sont présents au cours de ce recueil et nous laissent comme une certaine familiarité poétique. 

J’ai beaucoup aimé Poèmes à lire et à rêver et je le conseille vivement aux enfants comme aux adultes qui souhaitent s’évader. Un peu de douceur et de jolis mots, ça fait du bien – qui plus est avec des illustrations originales, c’est encore mieux .

– Citations –

Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s’engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.

Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s’évaporer les soleils
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire.

Eluard, « L’amoureuse »

*

En lisant à midi, je me sens un peu las. Je pose sur mon bras ma tête et je m’endors. Mais j’ai oublié de fermer la fenêtre et des fleurs emportées par la brise, pénètrent dans la pièce et recouvrent mon corps.


Des mots plein les poches

Georges Cathalo

Des mots plein les poches

Coup de coeur

– Résumé éditeur –

Le poète suit son traintrain bien tranquille, ramasse des mots usagés, cueille des poussières d’étoiles… et quand on croit le rencontrer, il a disparu pour toujours.

Prix : 5,50€ (édition Milan Jeunesse)  –  Nombre de pages : 38

– Mon avis –

Je trouve ce recueil de poèmes assez original parce-que sur chaque page, il y a un verbe suivi de son poème. Cela aide les plus jeunes (8-9 ans) à comprendre le sens des verbes d’une manière poétique. Les verbes sont très variés : blesser, délirer, ressembler, compliquer, murmurer […] et sont tous du premier groupe. Je trouve plus sympathique pour un enfant d’avoir une définition d’un verbe sous forme de poème que d’avoir la simple et courte définition provenant du dictionnaire. Par contre, je n’ai pas trop aimé les illustrations même si elles sont bien en rapport avec le livre.

– Citations –

« Conserver »

Les secrets comme les poèmes sont des fantômes lourds à porter. On ne sait jamais où les mettre, ils s’éteignent ou bien ils pétillent et l’on n’ose pas en parler. On se les garde pour soi seul au creux d’un livre ou d’un cahier, au fond d’un tiroir oublié là où personne ne met le nez.

*

« Délirer »

Une horloge vagabonde sur des échasses articulées.
Un châtaigner donne naissance à de jeunes hérissons verts.
Une baleine vocalise dans sa baignoire rose et bleue.
Et chaque matin c’est pareil. Les rêves s’éteignent avant de naître.

*

« Rencontrer »

N’ayez pas peur du poète. Il roule sa bosse en cachette, fouillant nuages et bosquets, brouillant cartes et calendriers. Il suit son traintrain bien tranquille, ramasse des mots usagés, cueille des poussières d’étoiles. Et quand on croit le rencontrer, il a disparu pour toujours.


J'aime les poèmes

Henriette Major & Philippe béha

J'aime les poèmes

Coup de coeur

– Résumé éditeur –

Voici un recueil ludique et amusant, riche en jeux de toutes sortes : des poèmes conçus à partir d’un mot, d’une idée, d’une rime… A l’aide de différentes thématiques, Henriette Major convie les enfants de 5 à 9 ans à jouer avec les mots, à chanter la nature, à dire leurs émotions et à célébrer l’imaginaire. Les 36 poèmes s’animent sous les couleurs vives de Philippe Béha, qui a personnalisé avec talent chacun d’entre eux. De véritables petites œuvres d’art ! Henriette Major sait trouver les mots justes pour traduire les émotions des plus jeunes. Avec Philippe Béha, elle nous propose un voyage au cœur de l’enfance.

Prix : 18,90€ (édition Hurtubise HMH)  –  Nombre de pages : 88

– Mon avis –

J’ai lu J’aime les poèmes en sachant qu’il serait plus adapté pour les enfants mais cela ne m’a pas empêché de beaucoup l’aimer. C’est un livre simple, agréable, tout en finesse et plus on tourne les pages mieux c’est. A travers de mignons poèmes sont abordés les thèmes de l’enfance et de la nostalgie : tout est écrit de sorte à faire place à l’évasion.

Comme vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce recueil de poèmes et je le conseille à tous les enfants, sans avoir le moindre doute sur le fait qu’il leur plaira.

– Citations –

A quoi ça sert un poème? Au fond, ça ne sert à rien, mais ça rend la vie plus belle, comme un tour de magicien, un sourire, un arc-en-ciel.

*

Ça sent la colle, et le papier, et la poussière de craie. Ça sent l’école.
Ça sent la laine mouillée, les pommes à moitié croquées et les biscuits sucrés. Ça sent l’école.
Ça sent la gomme à mâcher et le shampoing pour bébés, et la boue sur les souliers. Ça sent l’école.
Et ces odeurs emmêlées ont le don de me pousser à rire ou à pleurer.

*

J’ai une peine au bord du cœur, une peine grise comme un nuage de pluie, une peine amère comme un citron vert, une peine qui sent les feuilles mortes. Elle est glacée à me donner des frissons. Et, quand elle soupire, je crois entendre la sirène d’un bateau dans la brume.

*

Chaque soir, ragent des tempêtes dans la grande mer de mon bain. Pendant que je fais la trempette, je rêve que je suis marin. Du bateau, je saute et je nage parmi les bulles de savon. Je ramasse des coquillages à cheval sur un grand poisson. Plein de méduses et de baleines viennent se mêler à mes jeux. Les grosses vagues nous entraînent vers les grands fonds silencieux. Soudain, arrivent des pirates ; Ils me lancent des pièces d’or. Ils m’embarquent sur leur frégate et m’amènent à l’île au trésor. Mais j’entends la voix de ma mère : « Vas-tu sortir de la baignoire? » J’éponge toute l’eau par terre et puis j’enfile mon peignoir.

*

Quand vient la nuit, c’est l’heure douce où sur la mousse les fleurs se font un lit.