La Bibliothécaire

La Bibliothécaire

Gudule

La Bibliothécaire

Heart– Résumé éditeur –

Pourquoi la vielle dame qui habite en face de chez Guillaume écrit-elle très tard la nuit? Quelle est cette jeune fille qui ne sort de chez elle qu’à le nuit tombée? Pour résoudre ces mystères, Guillaume se lance dans un fantastique voyage au pays des livres et de l’écriture.

Prix : 4,95€ (édition le Livre de Poche Jeunesse)  –  Nombre de pages : 192

– Mon avis –

J’ai un avis vraiment mitigé quant à ce roman. L’histoire est dans l’ensemble intéressante, avec de bonnes idées et beaucoup d’imagination de la part de l’auteure, mais tout cela est trop peu voire trop mal exploité. Malgré un résumé appâtant, on réalise dès notre lecture que l’histoire est sens dessus dessous, sans réelle intrigue et beaucoup trop brève.

Chaque nuit, un adolescent prénommé Guillaume aperçoit dans l’immeuble face au sien une vieille dame qui ne cesse d’écrire. Et dès lors qu’elle termine d’écrire, une jolie jeune fille sort de l’immeuble en courant. Où ? On ne sait pas. Guillaume ne peut donc s’empêcher de se demander ce qu’il se trame et de s’interroger sur l’endroit où elle pourrait bien se rendre. Jusqu’au jour où sa curiosité va le mener à suivre cette mystérieuse et belle inconnue, devenue le centre de ses pensées. A travers diverses aventures, Guillaume, accompagné de son meilleur ami Doudou, va explorer le monde riche et merveilleux de la littérature.

Dans l’ensemble, j’ai trouvé l’histoire sympathique : j’ai bien aimé la manière dont Gudule aborde le thème de la littérature. On voit que lorsqu’elle a écrit ce roman, elle a vraiment voulu transmettre sa passion des livres aux plus jeunes et cet aspect m’a énormément plu. De même que j’ai vraiment adoré survoler de grands classiques littéraires, passant ainsi d’Alice au Pays des Merveilles aux Misérables jusqu’au Petit Prince. Je trouve cela ingénieux de faire découvrir de grands classiques aux jeunes lecteurs – qui ne s’y intéresseraient pas forcément d’eux-mêmes – à travers un petit roman jeunesse. J’ai par exemple moi-même eu envie de relire le Petit Prince avec ce livre. De plus, il y a plusieurs passages qui sortent du lot et nous amènent à nous interroger quant aux bienfaits des livres dans notre vie, notamment quand le Petit Prince explique à Guillaume que les livres nous permettent de vivre et revivre des moments que l’on a adorés à notre guise grâce à la relecture.

Néanmoins, il y a beaucoup trop de failles dans ce roman qui m’ont empêchée de l’apprécier entièrement. J’ai trouvé cette histoire peu crédible. Certes, il s’agit de fantastique et forcément il ne faut pas s’attendre à ce que ce soit plausible. Mais l’histoire s’enchaîne trop vite et part un peu dans tous les sens, elle est sans véritable structure puisqu’il n’y a pas forcément de liens entre chaque aventure. Les personnages m’ont paru peu développés ce qui ne nous permet malheureusement pas de nous attacher pleinement à eux. J’ai trouvé sympathiques Guillaume et Doudou mais c’est tout, en aucun cas je ne me suis retrouvée en eux ou m’y suis identifiée, ne serait-ce qu’une fois. Ce manque d’attache naît du manque de descriptions. Et je pense que des personnages qui nous semblent lointains ne peuvent pas nous marquer pendant notre lecture. C’est un livre qui une fois lu, est vite oublié.

Beaucoup d’éléments m’ont dérangée lors de ma lecture notamment divers clichés comme celui de l’adolescent qui ne sait pas DU TOUT écrire. D’accord, aujourd’hui beaucoup de jeunes se fichent éperdument de l’orthographe et malheureusement rares sont ceux qui ont un réel bon niveau en grammaire, mais de là « ha èkrir kome sa »… Pas un mot sans faute, même sur les prénoms, il ne faudrait pas prendre les jeunes pour des ânes non plus. Après, le cliché de l’ami noir qui rappe à chacune de ses paroles, ça va au début mais ça devient très vite fatiguant « d’aaa-voiiir affaiiiiire à quelqu’unnn qui paaaar-leee touuuu-jouuurs en veeeers, YO ». Enfin, vous voyez le genre… Une fois, à la rigueur mais bon, toutes les deux pages… C’est un humour sympathique aux premiers abords mais qui devient vite lourd. Idem quand l’auteure n’assimile pas la bande-dessinée à de la vraie littérature. D’accord, il n’y a pas autant de texte que dans un roman et cela laisse moins place à l’imagination étant donné qu’il y a des images, mais il y a aussi de belles pépites en bandes-dessinées. Je pense que tous ces petits éléments une fois assemblés nuisent à l’histoire et c’est bien dommage.

Néanmoins j’aime beaucoup les thèmes qui ressortent de ce roman tels que l’amour, l’amitié et l’imagination. Et j’ai apprécié le fait que les jeunes peuvent se retrouver à travers Guillaume qui ne s’intéresse pas beaucoup à ses cours, et qui comme lui, peuvent évoluer au fil des pages et comprendre l’importance des mots et des livres dans la vie.

Je pense donc que c’est un livre qui plaira aux plus jeunes et pourra leur permettre d’avoir le goût de la lecture, ou du moins leur donner une meilleure image des livres, de leur montrer la littérature sous un angle différent, un angle qu’ils n’auraient jamais envisagé auparavant. Il est juste dommage qu’une fois fini, ce livre nous laisse un goût d’inachevé.

– Citations –

« Je déteste les livres où les gens meurent.
– C’est parce que tu ne les ouvres pas à la bonne page, dit le Petit Prince.
– Comment ça ?
– Ce qu’il y a de bien dans les histoires, c’est qu’on peut toujours revenir en arrière.
– Que veux-tu dire?
– C’est l’avantage qu’ont les livres sur la vie réelle. Dans la vie réelle, quand un drame arrive, on se dit : « Comme j’aimerais retourner dans le passé, profiter du bonheur d’avant ! » La lecture nous donne cette possibilité : il suffit de reprendre les chapitres précédents, et on revit les moments que l’on aime chaque fois qu’on le désire. »

*

Ce qu’il y a de bien, avec la parole, c’est qu’elle n’a ni orthographe ni ponctuation.

*

J’ai respiré ses cheveux. Ils sentaient la vanille, la cannelle, la violette. Ce parfum-là, c’était le parfum du bonheur.

*

Le temps est moins cruel qu’on ne le pense. Derrière ses stigmates, les êtres ne changent pas. De beaux meubles, même sous plusieurs couches de peinture, conservent leur grâce. Il suffit de les gratter pour les retrouver intacts. Les gens, c’est pareil…

 

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